Publié le 27 janvier 2012 par le sénateur Percy Downe
Le saviez-vous?
Entre 2009 et 2011, 430 emplois fédéraux ont été abolis au Canada atlantique.
En revanche, le nombre de fonctionnaires a augmenté de 5 % à Ottawa et de 3 % à l’échelle nationale (à l’exclusion du Canada atlantique).
Pourquoi nos représentants au Cabinet, les ministres Gail Shea et Peter MacKay, n’ont-ils rien dit?
(Statistiques fournies par le Conseil du Trésor du gouvernement du Canada.)
Depuis 2009, les dépenses du gouvernement fédéral ont augmenté de plus de 13 % (Rapport de rendement du Canada, 2008-2009 et 2010-2011), et, à l’exception du Canada atlantique, la taille de la fonction publique a augmenté de 3 %.
Pourtant, le Canada atlantique a beaucoup souffert au cours des trois dernières années à la suite de l’élimination de 430 emplois fédéraux; au cours de la même période, la fonction publique fédérale a connu une forte croissance ailleurs au Canada. Le premier ministre Stephen Harper a fait connaître son intention de réduire le nombre de fonctionnaires fédéraux.
Comme l’indiquent ces statistiques, bien que le Canada atlantique n’ait pas réellement profité de l’expansion de la fonction publique fédérale, tout indique que la région continuera de faire les frais des réductions. L’Île-du-Prince-Édouard a perdu 119 emplois entre 2009 et 2011, et cela s’est produit avant les réductions actuellement envisagées.
Cette tendance inquiétante nous amène à nous demander pourquoi nous perdons des emplois alors que le gouvernement recrute comme jamais?
Il est évident que le gouvernement ne peut à lui seul régler les problèmes économiques du Canada atlantique et que le secteur privé renforcé est indispensable pour permettre à notre économie de véritablement se développer. Toutefois, les emplois du gouvernement fédéral représentent une source fondamentale d’emplois stables, bien rémunérés, extrêmement avantageuse, particulièrement pour les économies plus petites du Canada atlantique.
Chaque emploi perdu dans la province et transféré à Ottawa signifie que la capacité des employés de s’acheter une maison, une voiture ou de contribuer d’autres façons à l’économie provinciale diminue à l’Île-du-Prince-Édouard et augmente en Ontario.
Les Canadiens de la région de l’Atlantique veulent être traités équitablement et méritent d’avoir accès aux mêmes possibilités que les autres régions au Canada, et ce n’est qu’en nous faisant entendre dès maintenant que nous réussirons peut-être à réduire l’impact des réductions d’emplois imminentes.
Le gouvernement fédéral doit reconnaître qu’il a la responsabilité de l’ensemble du Canada. L’équité exige que le Canada atlantique ne doive pas souffrir de façon disproportionnée des prochaines compressions fédérales.
Le gouvernement du Canada est en train de prendre ces décisions et nous demandons aux ministres fédéraux qui nous représentent d’intervenir pour notre région.
Renseignements :
Ministre Gail Shea Premier ministre Stephen Harper
gail.shea@parl.gc.ca stephen.harper@parl.gc.ca
Publié le 26 janvier 2012 par le sénateur Grant Mitchell
Je tiens à féliciter les sept nouveaux sénateurs et à leur souhaiter la bienvenue dans ce lieu remarquable. Je tiens également à encourager leur enthousiasme connu pour la réforme.
Notre système parlementaire, aussi bon soit-il (c'est le meilleur système de gouvernement sur terre aujourd'hui, puisqu’il fait ses preuves littéralement depuis des centaines d'années), doit évoluer constamment, comme il a réussi à le faire au fil des ans.
Il est certes séduisant sur le plan politique d’élire les sénateurs et de les limiter à un seul mandat de neuf ans, mais il reste que cela comporte un certain nombre de risques qui n’ont pas réellement été pris en compte par les défenseurs de ces réformes :
1. Un Sénat élu aurait tendance à exercer ses pouvoirs considérables. Tous les projets de loi et budgets doivent être adoptés par le Sénat. S'il était élu, le Sénat serait beaucoup plus porté à rejeter ces mesures, créant ainsi des impasses pour lesquelles il n’existe aucun mécanisme de résolution. Nous devons en créer un si nous voulons éviter ce genre de paralysie.
2. Un Sénat élu qui fait étalage de ses pouvoirs dépossédera le premier ministre et la Chambre des communes des leurs. Par exemple, qui aura plus de pouvoir, les 6 sénateurs ou les 28 députés de l’Alberta? Un tel Sénat réduira aussi le pouvoir des premiers ministres des provinces et des territoires qui, à l'heure actuelle, sont les porte-parole régionaux les plus importants. Pensez à la stature du Sénat aux États-Unis. Je ne dis pas que de tels déplacements de pouvoir sont bons ou mauvais; je dis qu'en tant que Canadiens, nous n'avons pas débattu la question.
3. L'Alberta et les autres provinces n'auront pas plus de pouvoir au niveau régional qu'elles n'en ont aujourd'hui. En fait, ce pouvoir sera dilué. L'Alberta a présentement un plus grand pourcentage de sièges à la Chambre des communes qu'elle n'en a au Sénat – 9,1 % contre seulement 5,7 %. La Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick ont chacun 10 sièges; l'Alberta en a 6. La région de l'Atlantique compte 30 sièges; l'Ouest, seulement 24. Par conséquent, avant que des sénateurs élus puissent exercer leurs pouvoirs considérables, il faut revoir cette distribution de sièges.
4. Enfin, si les sénateurs doivent être élus, pourquoi ne le seraient-ils que pour un seul mandat? Pourquoi l'électorat ne déciderait-il pas du nombre de mandats de ses sénateurs, comme il le fait pour tout autre élu au Canada?
Et, bien sûr, il faut réellement se demander si, sur le plan constitutionnel, ces changements peuvent être apportés sans le consentement des provinces. Par ailleurs, le Québec et peut-être même d'autres provinces saisiront la Cour suprême de cette question.
Alors, en l'absence de réponses claires à ces questions, pourquoi ne pas nous en tenir à des réformes que nous pouvons apporter nous-mêmes au Sénat et qui renforceront la transparence et l’obligation de rendre compte, comme les conservateurs disent qu’ils veulent le faire?
À mon avis, le changement le plus important que nous pourrions effectuer serait d’instaurer la webdiffusion des travaux du Sénat. Les délibérations des comités sénatoriaux sont déjà télévisées et diffusées en ligne, alors je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas au moins assurer la webdiffusion des travaux du Sénat. Je trouve aussi que la webdiffusion est préférable à la télédiffusion, car elle est beaucoup moins coûteuse : il faut dépenser environ 120 000 $ pour la mettre en place et 33 000 $ par année pour la gérer. Ce n'est pas payer bien cher pour le renforcement de la transparence et de l’obligation de rendre compte.
Le Sénat fait réellement un excellent travail. Il est inacceptable que les Canadiens ne puissent pas suivre ses travaux en tout temps par les moyens d’aujourd’hui.
Publié le 8 décembre 2011 par le sénateur Grant Mitchell
Il y a bien des années, un ancien joueur de football des Eskimos d'Edmonton (comme par hasard, j'écris ces lignes le jour même du match de la Coupe Grey) qui vendait un programme de développement personnel m'a approché. Je ne me souviens pas en quoi consistait son programme, mais je me souviens de la technique qu'il a utilisée pour capter mon intérêt.
Il m'a remis une carte sur laquelle était écrit un texte de quelques lignes. Il m'a demandé de le lire et de compter le nombre de « f ». Après avoir entendu ma réponse, il m'a dit que j'en avais oublié trois ou quatre. Il m'a offert de recommencer, j'ai relu le texte, mais je n'arrivais pas à trouver les « f » manquants. Il m'a alors montré pourquoi je ne les voyais pas. C'étaient les « f » du mot « of », qui revenait trois ou quatre fois dans le texte. Le mot s'écrit « of », mais on le prononce « ov ». Étrangement, la majorité des gens qui font le test omettent ces « f », même après plusieurs tentatives. Ils voient « f », mais ils entendent « v ».
Cette anecdote montre que nous pouvons être tellement limités par les jugements préconçus et les idées reçues, et par notre façon de les traiter, que l'évidence nous échappe.
Je me suis dit récemment que cette observation pourrait expliquer en partie certaines idées fausses qui circulent à propos des changements climatiques et qui freinent la lutte contre ce problème. Faut-il rappeler les risques que l'on court et les occasions que l'on perdra si on ne fait rien?
1. Les opposants à la lutte contre les changements climatiques disent qu'on fera disparaître les emplois créés par les industries des combustibles fossiles. Mais comment les investissements dans les énergies de remplacement pourraient-ils faire disparaître ces emplois? Comment, au juste? Si la demande d'énergie projetée de l'Inde et de la Chine, pour ne prendre que cet exemple, s'approche seulement de la réalité, nous aurons besoin de toutes les sources disponibles, et le Canada pourra certainement vendre tout le pétrole qu'il sera capable de produire. Pourquoi donc ne pas profiter des marchés nouveaux et émergents pour diversifier notre économie? Est-ce qu'on s'empêcherait de fabriquer des BlackBerry parce que ce n'est pas du pétrole? Serait-ce que le gouvernement ne peut tout simplement pas imaginer une économie qui produit quoi que ce soit en plus du pétrole?
2. Selon une idée reçue très répandue (ou devrais-je dire une idée « politiquement correcte »), le gouvernement ne devrait pas investir dans les énergies de remplacement parce que cela ferait augmenter les impôts. On entend aussi dire que l'intervention étatique est inacceptable et que les carburants de remplacement ne sont pas viables commercialement.
Et pourtant, si les sables bitumineux ont pris leur essor dans les années 1970, c'est parce que le gouvernement est intervenu directement en entrant dans le capital de Syncrude et qu'il a, dans les années 1990, accordé des avantages fiscaux particuliers à l'industrie. Celle-ci a aussi profité des fonds considérables que le gouvernement a consacrés au développement de la technologie.
Je me souviens d'avoir visité un champ de sables bitumineux vers 1990. On m'avait alors dit que la production d'un baril de pétrole provenant des sables bitumineux coûtait 25 $. À l'époque, le baril se vendait 10 $. L'industrie était prête à perdre 15 $ le baril parce que quelqu'un avait prévu que, grâce aux progrès technologiques, aux économies d'échelle et à la hausse des prix, les sables bitumineux deviendraient un jour le moteur de notre économie.
Pourquoi le développement des carburants de remplacement et les initiatives de conservation sérieuses ne bénéficient-ils pas d'autant de patience, d'engagement gouvernemental ainsi que d'esprit de leadership et de vision?
3. C'est immanquable : chaque fois qu'on parle de ce dossier, les défenseurs des grandes sociétés pétrolières ressortent l'argument de l'emploi. Mais qu'en est-il des emplois qui disparaîtront – ou qui sont déjà disparus – en raison des changements climatiques? Pourquoi ne pas protéger à la fois les emplois du secteur de l'énergie et ceux des industries touchées par les changements climatiques, comme la foresterie, l'agriculture et les pêches?
4. L'économiste Jeffrey Rubin a démontré que c'est la hausse rapide du prix du baril, qui a atteint les 150 $, qui a vraiment précipité la crise de 2008. Quand on le place dans le contexte du pic pétrolier, cet argument est plein de bon sens. Comment l'économie, mondiale ou autre, peut-elle supporter des coûts énergétiques de ce niveau? Pour que notre économie reste concurrentielle, il faut limiter les prix, cela va de soi. Pourtant, le gouvernement actuel refuse de comprendre que les carburants de remplacement et les initiatives de conservation stimuleraient notre compétitivité et réduiraient la demande en combustibles fossiles, ce qui ferait baisser les prix. Finira-t-on par comprendre que le système mondial actuel de production d'énergie est difficilement viable lorsqu'on considère le coût des facteurs de production?
5. De son financement visant à stimuler l'économie, le gouvernement n'a presque rien donné aux projets de lutte contre les changements climatiques. Pourquoi voit-on la construction d'un pont comme un projet stimulant, et pas le développement de stations de ravitaillement en gaz naturel liquéfié pour le transport des marchandises?
6. Les conservateurs disent implicitement (et parfois explicitement) que, compte tenu de l'essor économique de la Chine et de l'Inde, il est inutile que le Canada essaie de contrer les changements climatiques, et qu'il est même impossible de susciter un changement de comportement dans l'espoir de régler ou de réduire le problème. Quelle attitude défaitiste! Le Canada a très souvent joué un rôle de premier plan sur la scène internationale. Notre victoire à Vimy et nos efforts qui ont mené au développement du maintien de la paix, dans les années 1950, et à la création du G20, par exemple, montrent que nous pouvons être des chefs de file. Pourquoi ne pas faire de même dans le dossier des changements climatiques? Voulons-nous vraiment dire aux générations futures que « nous n'avons pas corrigé le problème parce que cela semblait trop dur »? Depuis quand disons-nous à nos enfants que ce n'est pas grave d'abandonner avant d'avoir essayé? Est-ce vraiment une valeur à leur inculquer?
Il n'est pas facile de répondre à ces questions, mais il y a sans doute de nombreuses raisons qui expliquent pourquoi certaines vérités ont du mal à éclater au grand jour.
1. Tout changement est vu comme une menace à l'ordre des choses. Dans ce cas-ci, la menace est perçue comme telle par certains des intérêts économiques les plus puissants de notre société.
2. Tout changement est accompagné d'un risque pour le monde des affaires.
J'aimerais pouvoir dire pourquoi, malgré toutes les preuves qui existent, le gouvernement actuel refuse de comprendre et se cantonne dans ses vieux modes de pensée, qui datent d'un autre temps et qui présentent de sérieux dangers. Il devrait plutôt guider le Canada vers un avenir rempli de possibilités, de perspectives d'emploi, de bienfaits pour la santé et d'autres avantages.
Publié le 16 novembre 2011 par le sénateur Grant Mitchell
J’ai récemment rencontré des représentants de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants. Les trois m’ont beaucoup impressionné. Ils luttent pour diverses questions qu’ils résument dans le titre de leur document intitulé « L'éducation publique pour le bien commun ».
Ils présentent cinq recommandations de base : développer une vision nationale pour un système d’éducation postsecondaire abordable et de haute qualité; réduire la dette étudiante; financer la recherche et les études supérieures; financer l’éducation des Autochtones; et évaluer les résultats. Ils nous rappellent l’importance que jouent l’équité et l’accessibilité du système d’éducation dans la force de notre société.
Il me vient à l’esprit qu’il doit y avoir une bonne raison pour expliquer le fait que les jeunes ne s’intéressent pas particulièrement à la politique. Peut-être y voient-ils un système fondé sur les intérêts des baby-boomers; un système selon lequel ils devront porter le fardeau du désastre financier et climatique; un système selon lequel il leur sera de plus en plus difficile de se payer des études postsecondaires; un système selon lequel ils devront suivre des cours de premier cycle dans des classes de 500 étudiants, s’ils trouvent l’argent; un système selon lequel ils ne pourront obtenir d’emplois offrant des possibilités de carrière une fois leur diplôme obtenu; un système selon lequel ils ne pourront même pas voter en ligne. Pourquoi devraient-ils s’intéresser à la politique?
Publié le 15 novembre 2011 par le sénateur Grant Mitchell
Le 2 novembre 2011, le ministre de l’Énergie de la Norvège a visité Ottawa, en route pour l’Alberta. Lui et ses fonctionnaires ont rencontré les membres du Comité sénatorial de l’énergie et de l’environnement. Il est lui-même impressionnant et les politiques de son pays en matière d’énergie, d’environnement et de « fonds patrimonial » sont uniques et inspirantes.
La Norvège produit énormément de pétrole et de gaz, principalement en mer. Au départ, elle dépensait la plupart de ses recettes pétrolières en Norvège même. Mais cette pratique s’est avérée préjudiciable parce qu’elle stimulait l’inflation et qu’elle nuisait aux autres industries d’exportation. Après avoir revu ses façons de faire, elle a créé l’équivalent du fonds du patrimoine de l’Alberta et a limité la portion pouvant être investie ou dépensée en Norvège. En fait, elle utilise à ces fins 4 % des recettes annuellement et investit le reste à l’extérieur de la Norvège. La valeur totale du fonds est actuellement de 600 milliards de dollars. La Norvège a aussi établi des lignes directrices d’investissement responsable à l’égard du fonds.
Il est très intéressant de constater combien le gouvernement retire du total des recettes pétrolières. Il impose les sociétés à un taux de 78 % et participe financièrement à chaque projet dans une proportion variant entre 20 et 30 %. Le ministre a indiqué que le public obtient environ 90 % des profits. Voilà qui contraste plutôt avec ce qui se fait ici. Chose intéressante, le gouvernement rembourse aux entreprises 78 % de leurs coûts d’investissement. Le gouvernement indique aussi que beaucoup d’entreprises sont heureuses de participer au secteur pétrolier et gazier, malgré cette structure de redevances.
Il est également vrai que la Norvège possède une politique inspirante en matière de changements climatiques, elle qui applique une taxe sur le carbone depuis le début des années 1990. Elle accorde une grande importance à l’économie d’énergie et aux énergies de remplacement.
Publié le 7 novembre 2011 par le sénateur Grant Mitchell
Remarques adressées au Comité interconfessionnel sur les changements climatiques
Je vous remercie de votre invitation. Je suis ici parce que je crois que ces travaux sont importants.
On m’a suggéré de faire porter mes remarques, en partie, sur le projet de loi C-311, et comme cela concorde avec ce que je voulais vraiment dire, j’ai donc accepté de le faire. Le projet de loi C-311 était le projet de loi sur les changements climatiques que le néo-démocrate Bruce Hyer avait présenté et que l’opposition au gouvernement minoritaire de M. Harper avait adopté l’an dernier. Je l’ai parrainé et il a été défait par la majorité conservatrice au Sénat.
On a dit que j’avais demandé le vote et que cela avait forcé d’une quelconque façon les conservateurs à défaire le projet de loi. Deux points accrochent dans cette interprétation : l’opposition au Sénat ne peut demander un vote, même si nous avions été majoritaires et évidemment, personne, et encore moins moi-même, n’a forcé les conservateurs à le défaire. De fait, j’aimerais pouvoir m’attribuer le mérite d’avoir demandé le vote parce que si les conservateurs n’en étaient pas venus à avoir autant les nerfs à vif au point de demander le vote, ils l’auraient défait en le laissant mourir au Feuilleton sans qu’il ne soit jamais mis aux voix.
Ce que ce projet de loi a de remarquable, c’est que, comme la Loi de mise en œuvre du protocole de Kyoto avant lui (que j’ai parrainée et qui a aussi été adoptée), il était tout sauf banal pour un gouvernement résolu à faire peu, sinon rien, à l’égard des changements climatiques. Même si le projet de loi avait été adopté, il aurait très peu contribué aux progrès en matière de changements climatiques et n’aurait pas fait dévier du tout le gouvernement de sa trajectoire d’inaction en matière de changements climatiques.
Les projets de loi d’initiative privée ne peuvent être des lois de crédit et par conséquent, ils ne peuvent pas demander beaucoup du gouvernement en fait d’intervention concrète. Ces deux projets de loi ne faisaient que demander au gouvernement de rendre compte des progrès dans la réalisation de certains objectifs de réduction des GES. Dans le cas du projet de loi sur Kyoto, c’est ce qu’ils font depuis plusieurs années, littéralement sans effet.
La mort du projet de loi C-311 a été l’un des moments les plus déroutants et les plus frustrants de ma carrière politique.
Malgré ce qui apparaît pour la plupart d’entre nous comme une preuve très claire de la nécessité d’agir et des avantages de l’action par rapport à l’inaction, nous n’avons même pas réussi à faire adopter un projet de loi qui ne faisait guère plus que reconnaître l’existence des changements climatiques.
Nous savons que les preuves scientifiques des changements climatiques sont écrasantes. Il y a probablement un plus grand consensus sur cette donnée scientifique qu’il n’y en a sur bien des choses sur lesquelles nous jouons notre vie à longueur de journée, par exemple ces produits pharmaceutiques qui ne fonctionnent qu’une partie du temps pour une partie des gens. Pourtant, ceux qui véhiculent le mantra de « la mauvaise science » ont à toute fin pratique contrecarré les progrès réels en matière de changements climatiques.
Nous n’avons même pas besoin de nous fier à la science. Nous le voyons aux actualités et nous le sentons dans notre propre vie quand il fait 28 degrés à Toronto au beau milieu d’octobre.
Il y a la vérité logique, irréfutable, que les changements climatiques causeront des dommages incommensurables aux économies et qu’ils feront disparaître, et sont probablement déjà en voie de faire disparaître, beaucoup plus d’emplois que le développement traditionnel ne réussira jamais à créer. Néanmoins, je ne sais trop comment, c’est l’argument selon lequel le développement industriel qui produit sans relâche des émissions de GES est la seule façon de créer des emplois, qu’il n’y a pas d’autres solutions, qui prévaut.
L’évidence, c’est que nous avons fondamentalement restructuré notre économie afin de remporter la Deuxième Guerre mondiale et cela n’a pas mis à mal l’économie ni fait disparaître des emplois. L’économiste Mark Jaccard et d’autres experts ont montré que la réalisation d’objectifs de réduction raisonnables des GES ne nuira pas du tout à l’économie du Canada et que cela peut se faire sans fuite de capitaux nette d’une région vers une autre.
Nous savons aussi que même les sables bitumineux ont produit du pétrole en essuyant une perte importante pendant la plus grande partie des 25 ou 30 dernières années avant que des économies d’échelle, l’ingéniosité des progrès technologiques soutenus et la hausse des prix leur permettent de faire un profit. Pourquoi ne pas avoir la même patience et la même vision pour l’hydrogène, ou l’éolien ou le solaire? Et pourtant, on invoque avec succès les coûts réels et les taxes galopantes comme raisons d’ignorer, de dénigrer et d’écarter presque toutes les autres formes d’énergie.
Je suis toujours frappé par l’intensité avec laquelle nous nous concentrons sur le programme de répression de la criminalité sans penser un instant à ce que les changements climatiques nous voleront à nous tous.
Il est clairement temps de changer le cadre de la discussion concernant les changements climatiques.
Je me rappelle de la fois, pendant la campagne électorale de 2008, où un environnementaliste de haut rang avait dit que Stéphane Dion avait la bonne idée en parlant du tournant vert, tout en le critiquant parce qu’il réussissait si mal à faire passer le message. Venant d’un éminent environnementaliste qui essayait de faire passer le même message, et d’autres messages du même genre, depuis 40 ans et qui, par définition n’avait pas fait mieux, c’était plutôt ironique.
George Lakoff parle de l’échec des progressistes à communiquer et à convaincre et de la façon dont cet échec est dû à une technique consciente qui a, en parallèle, alimenté la montée de la droite aux États-Unis. Cela s’applique aujourd’hui au Canada. Si vous ne l’avez pas lu son livre, Don’t Think of an Elephant, je vous recommande vivement de vous le procurer et de commencer par ça.
Il dit que la droite conservatrice s’est aperçu il y a longtemps qu’elle pouvait contrer un argumentaire rationnel par ce qui est devenu un recadrage brillant des enjeux. Comme progressistes, nous voyons nos tentatives de discuter, communiquer et convaincre êtres détournées et contrariées par l’émergence du nouveau recadrage de cet enjeu et de nombreux autres enjeux : les mantras de « mauvaise science », « taxes » et « perte d’emplois » paralysent le débats sur les changements climatiques. D’autres enjeux sont tout aussi bloqués par les mantras : « mollesse face à la criminalité »; « valeurs familiales »; « gouvernement omniprésent »; « taxer et dépenser sans compter ».
Selon George Lakoff, le déclic ne se fait pas chez les progressistes : nous pensons encore qu’il est possible de gagner un débat au moyen d’un argumentaire rationnel.
C’est à la lumière de ces observations que j’ai eu une épiphanie voilà quelques mois de cela : l’idée m’a frappé soudainement que nous n’avons pas vraiment besoin de plus de technologies pour réduire les émissions de GES. Nous en avons plus qu’assez à notre disposition. Ce dont nous avons vraiment besoin, ce sont de nouvelles techniques pour convaincre les gens que nous devons réduire les émissions de GES.
Pour paraphraser George Lakoff, nous devons recadrer cette question des changements climatiques dans une perspective qui convient à la pensée et à l’action progressistes.
C’est la beauté de l’initiative que le Comité interconfessionnel sur les changements climatiques prend à Ottawa aujourd’hui et demain pour annoncer, décrire et célébrer. Il s’agit d’une rupture très puissante avec le cadre dans lequel nous avons, nous les progressistes, situé la discussion.
Pour quelques raisons :
1. La foi fait appel à nos valeurs et à nos motivations les plus nobles. Elle insiste sur le fait que l’humilité devrait se substituer à la prétention démesurée; que l’obligation envers autrui devrait contrer notre tendance à l’égoïsme; que lorsque que nous nous mettons au service des autres, nous devenons de meilleures personnes; et que par-dessus tout, nous avons une profonde responsabilité intergénérationnelle envers nos enfants et nos petits-enfants.
Nous nous demandons pourquoi la jeune génération, peu importe la lettre par laquelle nous la désignons aujourd’hui, se sent aliénée du processus politique créé pour servir nos intérêts de baby-boomers. Nous leur larguons une catastrophe financière; le coût des études devient prohibitif et lorsque vous pouvez vous les payer, sa valeur est diminuée parce que vous vous retrouvez dans des classes avec 500 autres étudiants et que, de toute façon, vous ne pourrez pas obtenir un véritable emploi. Nous leur larguons aussi la catastrophe des changements climatiques. Croyez-moi, nous avons une responsabilité intergénérationnelle.
2. L’appel à la foi transcende le continuum gauche-droite qui rend captif le débat sur les changements climatiques : les gens de foi viennent de tous les horizons politiques et lorsqu’il est question de foi, ils sont beaucoup plus souvent d’accord qu’en désaccord. De fait, nous pourrions dire qu’il y a ici un effet de cheval de Troie parce qu’une si grande partie de l’appui du gouvernement actuel vient de gens de foi dont l’opinion aura un effet déterminant sur l’avenir électoral du Parti conservateur.
Cet appel à l’action est donc un départ très réel dans une direction nouvelle et prometteuse. Une direction dans laquelle les mentalités pourront peut-être changer, les obligations seront comprises et des mesures importantes seront prises. Il y a de l’espoir dans cette démarche, c’est un bon point de départ. Nous devons maintenant faire tout ce qui doit être fait pour arriver à bon port.
Veuillez s'il vous plait appuyer ici pour lire le discours du sénateur Grant Mitchell au même sujet
Publié le 28 octobre 2011 par le sénateur James Cowan
Vous trouverez au lien ci-dessous la copie d’une lettre que j’ai fait parvenir à la sénatrice LeBreton hier après-midi, lui demandant de prendre les arrangements nécessaires afin que le greffier du Conseil privé comparaisse devant le Sénat en comité plénier pour qu’il nous explique le processus par lequel M. Michael Ferguson a été nominé à la charge de vérificateur général.
Lettre concernant la nomination du vérificateur général
Publié le 27 octobre 2011 par la sénatrice Claudette Tardif
Je tiens à féliciter le sénateur Céline Hervieux-Payette, qui a reçu le prix World of Difference 100 Award de l’International Alliance for Women (TIAW) pour ses efforts visant à promouvoir l'avancement des femmes au Canada. En accordant ce prix au sénateur Hervieux-Payette, le TIAW a non seulement choisi une personne qui a plaidé avec brio pour la cause de l'avancement de la place des femmes, mais également une femme qui a prêché par l’exemple dans sa propre carrière et ouvert la voie pour de nombreuses femmes à suivre.
Veuillez s'il vous plait appuyer ici pour visiter le site web du TIAW pour plusieurs renseignements (*seulement en anglais)
Publié le 3 octobre 2011 par le sénateur Grant Mitchell
J’ai vécu une expérience remarquable à Wainwright, en Alberta, il y a quelques semaines de cela. J’ai passé deux jours avec la milice canadienne dans le cadre d’un vaste jeu de guerre puis pratiquement deux jours complets avec l’état-major de l’armée et des membres des comités de la défense du Sénat et de la Chambre des communes et dont le point culminant a été l’observation d’un exercice de tir réel.
Quelque mille membres de la milice ont participé au jeu de guerre. L’armée possède un système très sophistiqué de capteurs au laser que portent tous les participants et qu’on fixe aussi aux véhicules. Les armes tirent des rayons laser en même temps que des balles (bruyantes) à blanc. Le système détermine qui est « tué » qui est « blessé » et si les véhicules sont endommagés ou détruits. L’artillerie est reproduite sur le jeu par modélisation informatisée.
Les planificateurs militaires ont créé un scénario dans lequel un pays avait envahi son voisin à cause de tensions de longue date découlant de litiges frontaliers et de contestations visant des champs pétrolifères. Dans le scénario, on faisait appel aux forces de l’OTAN pour repousser les envahisseurs. Le Canada devait nettoyer et sécuriser un vaste secteur et il y avait quelques points stratégiques où l’on croyait trouver d’importantes concentrations d’envahisseurs.
J’ai été affecté à une unité de reconnaissance blindée. J’ai pu observer le processus de planification et de briefing qui passe du colonel aux capitaines, puis aux lieutenants et aux sous-officiers et enfin aux soldats. Puis, à 22 h cette nuit-là, j’ai quitté la compagnie dans un « G-Wagon » à quatre places pour une mission de reconnaissance. Notre tâche consistait à installer un poste d’observation pour rendre compte de l’activité à un pont qui serait l’objectif d’une unité d’infanterie le lendemain.
Nos trois équipes réparties dans trois G-Wagons ont traversé la prairie dans la noirceur totale, tous feux éteints. Nous avons trouvé un ravin peu profond qui allait nous servir de cache. Nous avons attendu et patrouillé toute la nuit et transmis les renseignements essentiels au succès de l’attaque. Notre défi consistait à faire tout cela sans être vu par « l’ennemi ». Les ennemis étaient eux aussi du personnel militaire armé de la technologie laser. Nous saurions ainsi qui aurait « remporté » chaque rencontre.
Je suis revenu avec tellement d’impressions intenses. Je me souviens du leadership du jeune caporal-chef qui commandait le véhicule dans lequel je voyageais avec les deux autres soldats qui nous accompagnaient. Il était clair, ferme, sérieux, compétent et axé vers l’action. Il savait diriger et chacun de nous savait implicitement que nous pouvions avoir confiance en lui et nous fier à son jugement. Il avait fait partie de la force régulière pendant sept ans et il avait servi dans une base avancée en Afghanistan. Il est maintenant membre de la milice et il termine son diplôme en philosophie et en psychologie.
J’ai été énormément impressionné par la façon dont les hauts gradés n’imposaient pas un plan à leurs subordonnés. Chaque commandant exposait l’objectif et demandait à leurs subordonnés immédiats de mettre au point le plan pour le réaliser. Ils veulent des soldats qui savent réfléchir.
Je me souviens du jeune soldat avec lequel j’ai fait le guet, presque sans fermer l’œil de la nuit et en endurant ce qui s’est révélé être une nuit très froide. Je me souviens à quel point c’était absolument noir et pourtant, avec quelle efficacité les soldats fonctionnaient dans ces conditions. Je faisais partie de l’équipe qui a ratissé en premier le site que nous avions décidé d’utiliser comme cache. Je ne pouvais littéralement pas voir la personne qui se trouvait à moins de deux mètres de moi. Je me souviens des femmes qui étaient membres à part entière de l’unité, parfaitement intégrées dans cette unité de combat en tant que soldats de première ligne.
L’impression peut-être la plus forte m’a été laissée par le niveau de leadership. Nous avons une force constituée de leaders; le leadership est le moteur de tout ce qu’ils font et ils le font très bien.
Le lendemain, notre unité d’infanterie a pris le pont.
L’exercice de tir réel a aussi été une expérience marquante à bien des égards. Il consistait en une attaque « simulée » sur une position à plusieurs kilomètres plus loin, de l’autre côté d’une vallée peu profonde. Il y a d’abord eu un barrage d’artillerie, suivi des chars d’assaut Leopard I qui ont tiré des munitions réelles de leur canon à quelques mètres de l’endroit où nous nous trouvions. Puis, les véhicules blindés légers ont fait feu avec leurs canons et leurs mitrailleuses lourdes. Toute cette force mécanisée n’a pas tardé à charger dans la vallée, débarquant l’infanterie, prenant d’assaut la position, venant en aide aux soldats « blessés », sans jamais cesser de tirer.
Ce fut aussi une expérience mémorable. Le professionnalisme des soldats (cette fois-ci, des membres de la force régulière) était si évident, à les voir composer avec les subtilités de faire à haute vitesse tout ce qu’ils faisaient tout en coordonnant un tir réel massif. Il était également facile de constater à quel point cette entreprise est violente. Le tir d’un canon de char produit des ondes de choc et de la chaleur que vous pouvez sentir à des mètres de là. Vous pouvez à peine vous imaginer la dévastation et l’horreur que cela provoque à l’autre bout. Tout cela a souligné pour moi toute l’importance d’une décision d’aller en guerre.
J’ai aussi été frappé par l’humilité que nos soldats manifestent face à la puissance brute sous leur contrôle. Je ne les ai pas entendu glorifier ce qu’ils font; il n’y a pas de glorification de la guerre ici.
Toute cette expérience ne m’a pas laissé le sentiment que nous devons être le genre de « nation guerrière » dont le premier ministre parle. Le Canada, comme nation, n’a jamais eu cette attitude. Bien entendu, si nous devons nous battre, nous nous battons. Nous avons une fière tradition de l’avoir fait dans les conditions les plus difficiles, mais ce n’est pas notre nature première et ce ne devrait pas l‘être.
Publié le 21 septembre 2011 par la sénatrice Mobina Jaffer
« La Journée internationale de la paix offre une occasion unique de faire cesser la violence et les conflits dans le monde entier. Par conséquent, il importe de la faire connaître et observer le plus largement possible au sein de la communauté mondiale. »
- Assemblée générale des Nations Unies
Depuis 1981, on observe chaque année, le 21 septembre, la Journée internationale de la paix. Créée par les Nations Unies, cette journée souligne l’importance de faire front commun pour que les hommes, les femmes et les enfants du monde entier vivent dans la paix. Aujourd’hui, alors que nous réfléchissons à l’importance de la paix, je voudrais attirer votre attention sur le rôle unique que les femmes peuvent jouer à cet égard.
Le 31 octobre 2000, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté à l’unanimité la Résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité. Cette résolution porte expressément sur l’impact des conflits armés sur les femmes et les filles. Elle réclame non seulement la pleine et égale participation des femmes au processus décisionnel, mais aussi la protection des droits des femmes de tous âges. La résolution 1325, qui marque l’aboutissement de nombreuses années de travail, est la première résolution traitant exclusivement de la paix et de la sécurité des femmes.
Au Canada, le gouvernement et la société civile veulent clairement que cette résolution soit mise en œuvre de la manière la plus complète possible. De 2002 à 2005, j’ai eu le privilège de présider le Comité canadien sur les femmes, la paix et la sécurité. Alors que j’assumais la présidence de ce comité, j’ai été nommée envoyée spéciale au Soudan où j’ai pu participer au processus de paix et constater de visu le rôle important que les femmes peuvent jouer dans ce processus. Pendant mon séjour dans ce pays, je me suis demandé où étaient toutes les femmes. J’ai su que les choses devaient changer le jour où j’ai réalisé qu’elles ne participaient pas aux négociations pour la paix. Les multiples démarches et efforts de persuasion faits ont porté fruit : plus de 17 femmes ont pu prendre place à la table des négociations à Abuja. Et j’ai assisté, émerveillée, à l’évolution du processus de paix. Toutes les femmes présentes ont pu apporter un point de vue des plus précieux qui a eu d’importantes répercussions sur le plan pratique.
En ce jour où la communauté internationale célèbre la paix, réagissons à la situation dramatique des femmes du Congo qui continuent d’être victimes de ce que l’on a appelé la guerre contre les femmes. Faisons entendre la voix des jeunes Afghanes dont les droits fondamentaux sont constamment bafoués. Enfin, reconnaissons que, pour instaurer une paix réelle et durable, il faudra nécessairement faire appel aux femmes.
Publié le 19 septembre 2011 par le sénateur Grant Mitchell
Le samedi 10 septembre dernier, ma femme Teresa et moi avons pris part à un dîner dans le cadre de la tournée de la murale des « Portraits honorifiques ». Cette tournée, parrainée par Kin Canada, l'Association des Kinsmen et des Kinettes, expose une murale à la fois imposante et saisissante qui représente les soldats canadiens morts en Afghanistan. Les visages de 157 hommes et d’une femme ont été peints par Dave Sopha, un artiste qui a consacré une grande partie de sa vie à commémorer nos militaires par son art.
Kin Canada expose aussi dans cette tournée le septième « Livre du Souvenir », qui contient le nom de tous les militaires canadiens décédés dans l’exercice de leurs fonctions depuis le 1er octobre 1947. Il s’ajoute aux six autres Livres du Souvenir contenant les noms des soldats canadiens morts au champ d’honneur. Les sept livres sont conservés dans la Chapelle du Souvenir, à la base de la Tour de la Paix, à Ottawa. Il s’agit apparemment de la première fois que l’un des livres a pu quitter l’enceinte de la Chapelle pour être exposé ailleurs au Canada.
Des dîners comme celui-ci sont organisés par Kin Canada dans de nombreuses villes au pays. Au dîner auquel j’ai assisté, et j’imagine qu’il en va de même pour les autres, on trouve parmi les convives des proches de ceux qui sont morts au combat, des militaires, des membres d’autres services de protection et des citoyens concernés et intéressés. Ce fut une exposition touchante et tout à fait appropriée, permettant de saisir à la fois la tristesse de ce que la murale représente, ainsi que la fierté et l’honneur qui s’en dégagent.
Le conférencier invité était le général J.H. Vance. Son discours a bien illustré l’importance de l’équilibre entre la tristesse et la fierté, et le général nous a fait part d’importantes réflexions qui nous ont permis de mieux comprendre cette guerre. Il a entre autres fait valoir que dans le cas des guerres dites traditionnelles, il y avait de toute évidence des victoires définitives. Ces guerres ont certes toujours entraîné leur lot de morts et de blessés, mais la plage finissait par être prise ou tout autre objectif par être conquis. Le nombre de victimes pouvait ainsi être jugé dans le contexte d’une victoire. Or, en Afghanistan, il y a souvent eu des victimes, mais sans le même gendre de « victoires » liées à l’atteinte d’objectifs. Cette situation entraîne des pressions accrues sur l’effort de guerre et sur les militaires, et elle remet en question nos perceptions des progrès réalisés dans ce type d’effort de guerre. Enfin, le général a précisé qu’en Afghanistan, il évaluait la victoire selon le nombre de jeunes filles allant à l’école, de marchés ouverts, de projets routiers menés à terme, de vaccins administrés, et ainsi de suite. Il m’a aussi dit que nos Forces armées étaient efficaces et dotées de matériel à la fine pointe.
Le général a aussi pris grand soin d’éviter de glorifier la guerre. Il a dit que nos militaires sont déployés chaque jour en Afghanistan non pas pour jouer les héros, mais tout simplement pour accomplir leur travail de la journée; qu’il s’agisse de rencontrer un chef afghan, d’apporter de l’aide à un village ou de déloger les insurgés d’un secteur. Bref, ils sont là pour faire ce qui doit être fait.
Un grand merci à Kin Canada, à tous les proches de nos militaires, et en particulier aux familles de ceux qui sont morts ou ont été blessés, et à tous nos militaires.
Publié le 9 septembre 2011 par la sénatrice Mobina Jaffer
Chaque année, près de 2 millions de filles de moins de 11 ans sont victimes de mutilations génitales. Cette pratique invasive et dangereuse, qui consiste à faire l’ablation totale ou partielle des organes génitaux externes des femmes, fait partie des coutumes de 27 pays d’Afrique, de 7 pays d’Asie et de 7 autres pays du Moyen-Orient. Les victimes sont exposées à des complications multiples allant des hémorragies, des saignements abondants, de l’incontinence, de l’infertilité et des infections jusqu’au décès.
Tout au long de ma carrière, j’ai eu l’occasion de travailler au dossier des mutilations génitales féminines tant au Canada qu’à l’étranger. Tout récemment, je me suis rendue dans une petite communauté massaï de Kajiado, au Kenya, pour travailler à ce dossier avec des femmes de cette localité. J’ai constaté que plusieurs organismes étaient à l’œuvre sur place pour sensibiliser la population à cette terrible violation des droits de la personne. Des organismes comme le Centre Amani, avec lequel j’ai eu le privilège de travailler, font beaucoup pour renforcer l’autonomie des femmes, les sensibiliser à leurs droits et leur donner les outils nécessaires pour qu’elles puissent réagir efficacement aux abus et violations à cet égard.
Ce matin, j’ai appris avec grand plaisir que le Kenya était devenu le plus récent pays d’Afrique à avoir interdit les mutilations génitales féminines et à avoir déclaré cette pratique illégale, tant au pays qu’à l’étranger. La loi adoptée proscrit également les remarques désobligeantes à l’endroit des femmes qui ont déjà été victimes de cette pratique.
Je voudrais féliciter le gouvernement du Kenya et tous ceux qui ont fait preuve de diligence afin de dénoncer les mutilations génitales féminines. Même si je sais que la pratique ne cessera pas complètement pour autant, il s’agit néanmoins d’un grand pas pour faire changer les attitudes face à cette atroce violation des droits de la personne.
Cela dit, nous ne devons pas oublier que les mutilations génitales féminines se pratiquent encore au Canada et que des jeunes filles canadiennes y sont encore exposées. Même s’il s’agit d’une grande victoire pour le Kenya, il reste encore beaucoup à faire.
Publié le 23 août 2011 par Caucus libéral du Sénat
Le chef libéral Bob Rae a fait la déclaration suivante aujourd’hui concernant le décès du chef du NPD Jack, Layton :
« Comme tous les Canadiens, Arlene et moi sommes profondément attristés par le décès de Jack Layton. Il a été notre ami pendant plusieurs années et malgré nos différences politiques, nous admirions sa sagesse, sa bonne humeur et sa persévérance. Nous sommes demeurés amis durant toute notre vie politique.
Au nom du Parti libéral du Canada et de notre caucus parlementaire, j’offre mes sincères condoléances à Olivia, à la famille de Jack, ainsi qu’à ses collègues et ses amis du Nouveau parti démocratique. Il nous lègue un important héritage d’engagement envers la justice sociale dans son travail à Toronto en tant que conseiller municipal et à titre de chef d’un parti national.
Je souhaite à tous paix et réconfort. Lorsque David Lewis nous a quittés, Stanley Knowles a terminé son eulogie en disant « shalom chaver, shalom ». Va en paix, mon frère, va en paix. »
Publié le 18 août 2011 par le sénateur Grant Mitchell
Dans le contexte de la science des changements climatiques, il est de plus en plus facile de voir les indices du changement climatique en cours et son évolution très préoccupante. Nier la science, c’est comme nier la gravité. Dans ce contexte, on me rappelle souvent le sketch culte de Monty Python dans lequel le propriétaire d’un perroquet maintenant décédé le retourne au magasin où il l’a acheté et demande un remboursement. Il se heurte à un préposé dans le magasin qui, face à la preuve écrasante du trépas du volatile (le perroquet mort est dans la main de son propriétaire, il est inerte, ne respire pas et ne réagit pas quand on le frappe sur le comptoir, etc.), répond sans cesse et obstinément que le perroquet n’est pas mort, il dort, tout simplement.
Officiellement le gouvernement appuie la science des changements climatiques, mais ses actes en disent plus long que ses paroles. Le premier ministre a déclaré à deux reprises sur la scène internationale qu’il soutient la science pour qu’elle permette de limiter les émissions de GES à des niveaux faisant en sorte que l’augmentation de la température ne dépasse pas 2 degrés en moyenne. Or, tout en disant cela, il démantèle systématiquement Environnement Canada, détruisant sa capacité de mener quelque action qui compte, surtout en matière de changements climatiques. Récemment, les conservateurs ont annoncé le licenciement de 10 % des effectifs du ministère, dont bon nombre sont des scientifiques d’une importance critique pour l’efficacité de toute initiative visant les changements climatiques. Le dernier jour de la session de printemps du Sénat, un sénateur conservateur a fait dans cette Chambre une déclaration mettant clairement en cause la science des changements climatiques, sans que Harper ne hausse les épaules. Imaginez-vous ce qui serait arrivé si un sénateur avait affirmé que le Canada n’a pas besoin des F-35.
Bien sûr, c’est à ses fruits qu’on reconnaît vraiment un arbre. Le gouvernement a fait moins que rien à propos des changements climatiques, au-delà de certaines initiatives surtout symboliques. Il n’a pas accompli de progrès mesurables pour la réalisation de son objectif, annoncé pour 2020, en matière de réduction des émissions.
Il est étrange, également, qu’alors que nombreux intervenants dans le secteur de l’énergie plaident pour un prix du carbone comme moyen de prédilection de s’attaquer à ce problème, le gouvernement privilégie la stratégie de la réglementation. Même le National Post a fait remarquer qu’il s’agit là de l’approche la plus interventionniste possible, ce qui est particulièrement singulier de la part d’un gouvernement qui, d’un point de vue idéologique, ne serait guère ou pas enclin à favoriser une approche de ce type.
Cela m’amène à la conclusion que nous ne verrons pas ce gouvernement appliquer des réductions définies par une réglementation. M. Kent, personne intelligente et bien intentionnée, se trouve dans la même situation intenable que sa kyrielle de prédécesseurs. Il perçoit l’enjeu, il sait que nous devons mener une action importante et il va devoir se démener pendant tout l’exercice de son mandat pour maintenir ne serait-ce qu’un soupçon de crédibilité pendant que le gouvernement lui maintiendra des menottes aux mains.
Bien sûr, on voit mal comment le gouvernement arrivera à élaborer la réglementation qu’il a promise après avoir licencié 700 membres de son personnel d’Environnement Canada.
Nous savons tous que faire de beaux discours, ça ne coûte pas cher. Ce dont les Canadiens prennent conscience au vu des inondations, de la sécheresse, de phénomènes climatiques violents, des infestations de dendroctone du pin, c’est que les changements climatiques, eux, ont un coût très élevé.
Publié le 15 août 2011 par le sénateur Grant Mitchell
On a abondamment parlé, ces derniers temps, des subventions versées aux partis politiques à même l’argent des contribuables. Il s’agit à mon avis d’un débat d’une importance capitale pour la santé et le dynamisme de notre démocratie. Je crois que le gouvernement a misé sur le cynisme qu’éprouve la population à l'endroit des partis politiques lorsqu'il a décidé d'éliminer progressivement, sur les quatre prochaines années, les subventions par vote reçu. Et bien que sa décision sera beaucoup plus dommageable pour les autres partis que pour les conservateurs, aucun de ces partis, sentant le pouls de la population, ne s’y est vraiment opposé cette fois-ci.
D’un autre côté, le financement des partis politiques influence bel et bien le bon fonctionnement de la démocratie, et il est dans l'intérêt public que les partis de l'opposition aient les moyens d’offrir des choix et d’initier des débats. Étant donné que le parti au pouvoir aura presque toujours plus de facilité à lever des fonds que les partis de l'opposition, l'absence complète d’aide publique pour ces partis peut véritablement favoriser indûment le parti au pouvoir. Il deviendrait ainsi encore plus difficile d’apporter les changements qui seraient essentiels à une démocratie juste et adaptée aux besoins de la population.
Il existe actuellement plusieurs formes de subventions publiques :
- Les donateurs bénéficient d’un crédit d'impôt pour les contributions annuelles aux partis nationaux et aux organisations de circonscription jusqu'à la limite prescrite (1 100 $) dans chacune de ces catégories. Les entreprises et syndicats ne sont pas autorisés à faire des dons.
- Les donateurs bénéficient d’un crédit d'impôt pour les contributions aux candidats à la direction jusqu'à concurrence de 1 100 $, une seule fois par course à la direction. Ce montant ne se renouvelle pas annuellement. Les entreprises et syndicats ne sont pas autorisés à faire des dons.
- Le gouvernement rembourse directement aux partis nationaux et aux organisations de circonscription un certain pourcentage de leurs dépenses après chaque élection, à condition que les candidats donnés reçoivent un nombre minimum de votes.
- Le gouvernement verse directement aux partis un montant annuel en fonction des votes qu’ils ont reçus à l'élection précédente. Cette mesure sera progressivement éliminée sur les quatre prochaines années.
Ces deux dernières subventions publiques directes ont été instaurées pour compenser le fait que les partis ne pouvaient plus recevoir de dons de la part d'entreprises ou de syndicats. Ces dons avaient été interdits parce qu'ils étaient perçus comme ayant une influence indue, du fait qu’ils provenaient de groupes « d’intérêts spéciaux ». Lorsqu’il a décidé d’abolir la subvention par vote, le gouvernement n’a rien dit sur la raison d’être originale de cette subvention.
Pour l'instant, on ne peut tout simplement pas faire un don supérieur à la limite, même si on ne bénéficiait pas d’un crédit d'impôt supplémentaire. Le postulat veut que la somme de 1 100 $ soit suffisamment faible pour qu’on ne puisse reprocher aux politiciens d’être à la solde de leurs donateurs.
Une fois abolie la subvention par vote, le revenu des partis chutera considérablement, surtout celui des conservateurs, puisque ce sont eux qui ont reçu le plus de votes. Bien qu’ils semblent avoir beaucoup de facilité à collecter des fonds, même les conservateurs cherchent des façons de compenser cette perte.
Voici quelques idées pour accroître la contribution des donateurs sans qu’il en coûte plus au contribuable et sans exacerber le spectre d’une influence politique indue :
Il importe de trouver un équilibre entre le besoin légitime d’une aide publique et la nécessité de maintenir l’indépendance des politiciens à l’égard de leurs donateurs. Ce n'est pas une tâche particulièrement difficile. Nous pouvons créer de nouvelles catégories et augmenter les limites sans toucher aux deniers publics et sans susciter la perception d’une influence politique indue. En fait, c'est ce qu'exige une démocratie en santé.
Je travaille actuellement sur un projet de loi que je compte présenter au Sénat pour modifier la Loi électorale de façon à autoriser ces changements.