Publié par la sénatrice Mobina Jaffer le 20 août 2010
Le navire rempli de migrants tamouls qui est arrivé en Colombie-Britannique la semaine dernière pose un dilemme intéressant, qui fait ressortir les questions épineuses que soulève la politique d’immigration du Canada. Les 490 Tamouls ont voyagé à bord du navire pendant quatre mois dans des conditions précaires. Ils disent avoir fui des « massacres » au Sri Lanka, où la guerre civile vient de se terminer après 25 ans. Il y a 25 femmes et 44 enfants parmi les passagers.
Or, le gouvernement canadien n’a pas encore décidé des mesures à prendre. Le fait que des passagers soient liés au groupe terroriste des Tigres tamouls vient compliquer la situation pour le Canada. Le navire – un cargo réaménagé pour y entasser 500 personnes – est soupçonné de servir à la contrebande d’êtres humains en lien avec un groupe criminel. Il pourrait constituer un « test », c’est-à-dire que les organisateurs de l’expédition pourraient surveiller la réaction du Canada avant de dépêcher d’autres migrants. Certains font valoir que, si ces Tamouls obtiennent le statut de réfugié, ils le feront en court-circuitant le processus d’immigration au Canada.
Dans ce contexte, le gouvernement doit décider de leur accorder ou non le statut de réfugié et déterminer s’ils sont liés à un groupe criminel. Il doit aussi prendre en considération les questions de sécurité nationale qui résultent de l’arrivée d’un navire bondé d’individus sans identité précise.
Même si les Tamouls ont été introduits illégalement au Canada, ils peuvent avoir pris ce moyen pour fuir la persécution. Tous les jours, des personnes sont introduites illégalement au Canada. Ce qui rend ce cas particulier, c’est l’arrivée des migrants sur un navire, et en grand nombre. Il nous faut évaluer en bonne et due forme s’ils ont vraiment été victimes de persécution et, en même temps, trouver les moyens de punir les contrebandiers. Les migrants ont besoin de notre compassion.