Publié par la sénatrice Mobina Jaffer le 09 septembre 2011
Chaque année, près de 2 millions de filles de moins de 11 ans sont victimes de mutilations génitales. Cette pratique invasive et dangereuse, qui consiste à faire l’ablation totale ou partielle des organes génitaux externes des femmes, fait partie des coutumes de 27 pays d’Afrique, de 7 pays d’Asie et de 7 autres pays du Moyen-Orient. Les victimes sont exposées à des complications multiples allant des hémorragies, des saignements abondants, de l’incontinence, de l’infertilité et des infections jusqu’au décès.
Tout au long de ma carrière, j’ai eu l’occasion de travailler au dossier des mutilations génitales féminines tant au Canada qu’à l’étranger. Tout récemment, je me suis rendue dans une petite communauté massaï de Kajiado, au Kenya, pour travailler à ce dossier avec des femmes de cette localité. J’ai constaté que plusieurs organismes étaient à l’œuvre sur place pour sensibiliser la population à cette terrible violation des droits de la personne. Des organismes comme le Centre Amani, avec lequel j’ai eu le privilège de travailler, font beaucoup pour renforcer l’autonomie des femmes, les sensibiliser à leurs droits et leur donner les outils nécessaires pour qu’elles puissent réagir efficacement aux abus et violations à cet égard.
Ce matin, j’ai appris avec grand plaisir que le Kenya était devenu le plus récent pays d’Afrique à avoir interdit les mutilations génitales féminines et à avoir déclaré cette pratique illégale, tant au pays qu’à l’étranger. La loi adoptée proscrit également les remarques désobligeantes à l’endroit des femmes qui ont déjà été victimes de cette pratique.
Je voudrais féliciter le gouvernement du Kenya et tous ceux qui ont fait preuve de diligence afin de dénoncer les mutilations génitales féminines. Même si je sais que la pratique ne cessera pas complètement pour autant, il s’agit néanmoins d’un grand pas pour faire changer les attitudes face à cette atroce violation des droits de la personne.
Cela dit, nous ne devons pas oublier que les mutilations génitales féminines se pratiquent encore au Canada et que des jeunes filles canadiennes y sont encore exposées. Même s’il s’agit d’une grande victoire pour le Kenya, il reste encore beaucoup à faire.