Publié par le sénateur Grant Mitchell le 30 septembre 2009
Le Comité sénatorial de l’énergie, de l’environnement et des ressources naturelles est à Washington (D.C.) cette semaine pour mener son étude sur les stratégies énergétiques du Canada concernant le pétrole et le gaz; les sables bitumineux; les initiatives américaines relatives aux changements climatiques, y compris le régime de plafonnement et d’échange; les sources d’énergie de remplacement; la sécurité énergétique.
Le Comité doit rencontrer des représentants de l’ambassade du Canada, l’ambassadeur Michael Wilson, de hauts fonctionnaires américains responsables de l’énergie et de l’environnement, des membres d’ONG américains, ainsi que divers représentants et sénateurs américains. Nous voulons connaître les perspectives de nos voisins au sujet des relations continentales actuelles et futures en matière d’énergie. Je m’attends à ce que nous ayons aussi l’occasion de passer le message pour l’Alberta et le Canada. Bien que les sables bitumineux posent de sérieux problèmes environnementaux, le fait est que les États-Unis continueront d’acheter notre pétrole et que nous continuerons de trouver des solutions aux problèmes environnementaux. À tout le moins, il est important de bien faire comprendre que le Canada est conscient de ces problèmes et qu’il doit les régler. À n’en pas douter, il existe du côté américain une volonté de régler le problème des GES et c’est pourquoi nous devons collaborer avec eux pour trouver des solutions.
Nombreuses sont les questions auxquelles je souhaite trouver des réponses et voici une excellente occasion de le faire :
- Qu’adviendra-t-il du projet de loi Waxman-Markey une fois au Sénat? D’aucuns pensent que le Sénat pourrait le torpiller ou le laisser mourir de sa belle mort. Il ne resterait à M. Obama que l’Environmental Protection Act, un instrument peu redoutable qui lui permettrait cependant de faire avancer le dossier du CO2. Si je comprends bien, il pourrait ainsi fixer des normes auxquelles devraient se conformer les pollueurs, mais il n’y aurait pas d’échange de crédits. Nous devons en savoir plus sur l’approche qu’adopteront les États-Unis, car cela éclairera la façon d’articuler les politiques canadiennes concernant les GES.
- Quelles sont les répercussions d’un régime américain visant à réduire les émissions de GES sur les exportations canadiennes vers les États-Unis? Les mesures d’atténuation des changements climatiques constitueront-elles un moyen non avoué de créer des obstacles à l’importation de produits canadiens?
- Si les États-Unis adoptent un régime de plafonnement et d’échange, soumettront-ils aux enchères les allocations et, le cas échéant, quel pourcentage? Utiliseront-ils cet argent pour contrebalancer les coûts des consommateurs et/ou pour promouvoir le développement technologique?
- Steven Chu, secrétaire à l’énergie, a des milliards à allouer pour les initiatives reliées aux changements climatiques. Pourquoi a-t-il apparemment décidé d’emprunter la voie bureaucratique? Pourquoi a-t-il annulé le soutien prévu pour la recherche sur les technologies à base d’hydrogène?
- Quels arguments l’administration Obama emploie-t-elle quand elle s’adresse à un auditoire qui croit que la science des changements climatiques est erronée et qu’elle n’est pas mue par l’activité humaine?
- Le citoyen moyen et les bureaucrates américains connaissent-ils la quantité de pétrole qu’ils importent du Canada et de l’Alberta? Environ 1,3 million de barils de pétrole parmi les 21 millions de barils consommés quotidiennement aux États-Unis proviennent de l’Alberta, et la majeure partie, des sables bitumineux. Environ 400 000 de ces barils contiennent du pétrole raffiné en Alberta, et les autres 900 000, du pétrole raffiné aux États-Unis.
- Que font et feront les États-Unis pour promouvoir les sources d’énergie de remplacement et ces sources d’énergie sont-elles économiques?
- Quelles sont les conséquences des nouvelles normes de pétrole à basse teneur en carbone pour le pétrole lourd du Canada?
Les réponses que j’obtiendrai à ces questions ne manqueront pas d’intérêt.