Déclaration faite le 18 novembre 2010 par la sénatrice Lillian Eva Dyck
L'honorable Lillian Eva Dyck :
Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd'hui pour rendre hommage à M. Howard Anderson, un ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale qui a lutté pour l'équité à l'égard des anciens combattants autochtones. Il est décédé le vendredi 12 novembre 2010. J'ai assisté à ses funérailles, mardi. La cérémonie combinait les traditions militaires, chrétiennes et cries. Des centaines de personnes sont venues rendre hommage à M. Anderson, qui était le dernier survivant de la Seconde Guerre mondiale de la Première nation de Gordon.
M. Anderson n'avait que 16 ans lorsqu'il s'est enrôlé pour participer à la Seconde Guerre mondiale. Il s'est battu avec courage et par amour pour son pays aux côtés de ses camarades canadiens. À son retour de la guerre et cela, pendant 50 ans, M. Anderson a mené la charge pour que les anciens combattants autochtones obtiennent une indemnisation équitable. Lorsqu'il était grand chef de l'Association des anciens combattants des Premières nations de la Saskatchewan, M. Anderson a saisi le gouvernement fédéral de la question de l'indemnisation des anciens combattants autochtones. C'était en 2000. Sa passion et sa détermination à faire corriger les erreurs du passé ont amené le gouvernement fédéral à instaurer, en 2002, le régime d'indemnisation des anciens combattants, un régime prévoyant une indemnisation de 20 000 $ pour les anciens combattants autochtones admissibles qui avaient fait l'objet de discrimination à leur retour de la guerre. Cette indemnisation n'était pas complètement équitable, si bien que M. Anderson a poursuivi sa lutte au nom de l'équité dans l'indemnisation des anciens combattants autochtones. L'année dernière, j'ai eu l'honneur de participer à ses côtés à sa noble quête. Sa passion à sensibiliser tous les Canadiens aux contributions que les anciens combattants et les militaires autochtones ont apportées était contagieuse. Il nous manquera énormément.
M. Anderson avait un merveilleux sens de l'humour. Il a dit que lorsqu'ils avaient appris que la guerre était finie, ils avaient fait la fête, encore et encore. On dit que personne ne pouvait résister à son charme, moi la première.
Howard Anderson aimait le sport et il a été très actif toute sa vie au sein des ligues sportives mineures. Il a reçu le prix Tom-Longboat en reconnaissance de son excellente contribution aux sports autochtones.
Comme il se doit, il a consacré l'avant-dernière journée de sa vie à ses deux passions. D'abord, il a assisté à la cérémonie du jour du Souvenir dans la réserve de la Première nation de Gordon, puis il a participé à la soirée de sensibilisation aux réalités des Premières nations et des Métis organisée par le club de hockey sur glace les Pats de Regina.
Howard laisse dans le deuil sa chère épouse, Denise Anderson, ses 12 enfants, 26 petits-enfants et 28 arrière-petits-enfants.
Je suis attristée à l'idée qu'il n'ait pas vécu suffisamment longtemps pour voir son rêve, une indemnisation équitable pour les anciens combattants autochtones, devenir réalité. Nous n'oublierons pas. Nous nous souviendrons d'Howard et nous poursuivrons son travail au nom des anciens combattants autochtones. Son esprit demeure parmi nous.