Déclaration faite le 11 juin 2008 par le sénateur Aurélien Gill (retraité)
L'hon. Aurélien Gill:
Honorables sénateurs, plus de 100
ans après avoir adopté une loi visant l'assimilation des enfants autochtones,
notre gouvernement va enfin adresser des excuses officielles pour les torts
causés par la fréquentation forcée des pensionnats autochtones.
Pendant une cinquantaine
d'années, plusieurs enfants ont été humiliés, déracinés et victimes d'abus dans
un système financé par le gouvernement fédéral. Les souffrances infligées aux
pensionnaires ont été transmises entre générations. Même nos plus jeunes
enfants en souffrent aujourd'hui.
Le geste que va poser le
premier ministre est appréciable et apprécié. J'espère que les excuses
d'aujourd'hui vont permettre aux victimes de guérir de leurs souffrances et de
retrouver leur dignité et leur fierté. C'est évidemment à elles seules qu'il
revient de juger de la sincérité de ces excuses et de les accepter ou non.
Je félicite tous ceux qui
ont eu l'audace et la détermination de faire émerger la vérité sur ce sombre
épisode de l'histoire canadienne.
Oui, ces excuses
officielles sont nécessaires et j'y adhère totalement, mais elles ne doivent
pas nous faire perdre de vue que les Autochtones du Canada sont encore des
citoyens de seconde zone de ce pays.
Les statistiques
socioéconomiques le prouvent régulièrement. Il suffit de faire un tour dans une
réserve pour s'en rendre compte ou encore de se renseigner auprès de ceux qui
s'y sont rendus. Vingt-trois personnes dans une maison de trois chambres et une
salle de bain, cela existe encore au Canada. Le sénateur Keon, qui s'est rendu
ce lundi à Kasheshewan, en sait quelque chose.
La misère sans limites dans
laquelle vivent nos peuples autochtones a besoin de plus que des mots. Il faut
faire quelque chose de concret, de différent, et rapidement.
C'est la deuxième fois que
le gouvernement canadien fait des excuses semblables. Puisque ces excuses ne
peuvent être qu'une première étape, j'exhorte le gouvernement à mettre en œuvre
sans délai les prochaines étapes qui permettront aux Autochtones canadiens de
devenir enfin des citoyens à part entière.