Déclaration faite le 22 mars 2007 par le sénateur Sandra Lovelace Nicholas
L'hon. Sandra Lovelace Nicholas:
Honorables sénateurs, mardi, unsénateur est intervenu pour dire que Phil Fontaine, le chef de l'Assemblée desPremières Nations, était presque en larmes lorsqu'il a formulé ses commentairessur le budget et parlé de l'absence de fonds pour les Autochtones. À mon granddésarroi, des sénateurs ont ri. Il n'y a pas de quoi rire. Permettez-moi de vousdire pourquoi, honorables sénateurs. Dans votre langage, vous appelez celal'empathie. Dans le mien, il n'y a pas de mot de ce genre, car l'empathie va desoi.
Honorables sénateurs, les miens ont ouvert leur cœur aux nouveaux arrivantsau Canada. Mes ancêtres leur ont montré à chasser, à pêcher et à survivre auxhivers rigoureux. En échange, ils ont été méprisés et ils le sont encoreaujourd'hui.
Nous avons fait beaucoup de chemin, mais le gouvernement nous montre une foisde plus le traitement qu'il réserve aux Premières nations. Le merveilleux budget dont certains vantent les mérites ne mentionne même pas les Premières nations,sans parler des plus pauvres d'entre les pauvres — les femmes autochtones.
Les miens me demandent ce qu'ils peuvent faire. Je leur conseille d'écriredes lettres. Or, ils ne peuvent pas écrire de lettres, car nombre d'entre eux nesavent même pas écrire et les programmes d'alphabétisation ont étésupprimés.
Les plus pauvres d'entre les pauvres, les femmes autochtones, me demandent cequ'elles peuvent faire. Nombre d'entre elles ne savent pas écrire, sans parlerdu fait qu'elles n'ont pas les moyens de se procurer du papier ou destimbres.
Le budget ne jette même pas un os à ronger aux membres des Premières nations.D'ailleurs, ils ne pourraient même pas ronger un os, car ils sont mal en pointparce qu'on a sabré dans les programmes de soins de santé et de soinsdentaires.
Honorables sénateurs, les miens se sentent invisibles aux yeux de cegouvernement. Dans ce grand pays qu'est le nôtre, le gouvernement ne sait pas ceque le mot empathie veut dire lorsqu'il est question des collectivités desPremières nations.
Honorables sénateurs, je vous prie de rendre la dignité aux miens en donnantsuite à l'accord de Kelowna.