Déclaration faite le 13 décembre 2010 par le sénateur Roméo Dallaire
L'honorable Roméo Antonius Dallaire :
Honorables sénateurs, ma question s'adresse au leader du gouvernement au Sénat et concerne l'Afghanistan.
J'aimerais vous ramener à une question que j'ai posée la semaine dernière. J'ai cru à un peu de médisance de la part de madame le leader lorsque j'ai dit que je voulais discuter d'un point terre à terre et qu'elle m'a répondu en parlant du projet de loi S-35, qui n'avait absolument rien à voir avec ma question. J'ai trouvé la réponse superflue, voire même erronée.
Lorsque j'étais directeur des besoins de l'armée, ce que je craignais le plus, c'était un général qui s'amenait avec une belle brochure en disant : « Je veux 12 de ces trucs. » Toutefois, ce qui me fait encore plus peur maintenant, c'est d'entendre un ministre de la Défense nationale se tenir devant un modèle en carton et dire : « J'en veux 65. »
Lorsque je constaterai l'efficacité opérationnelle du système et du processus de gestion de projet, je serai peut-être plus enclin à considérer ce système d'armement à sa juste valeur.
Je reviens à la question des conseillers auprès des troupes en Afghanistan. La ministre a dit qu'elle s'informerait, étant donné que la décision ne permet pas aux conseillers de continuer à exercer leurs fonctions après une période de trois mois.
On nous répète constamment que le gouvernement a pris des mesures importantes pour trouver des solutions pangouvernementales à nos besoins, notamment en Afghanistan. Il y a quatre différents groupes de travail. Nous parlons ici d'un impératif opérationnel qui peut avoir une incidence sur la sécurité des soldats sur le terrain. Je ne peux comprendre, s'il y a une approche pangouvernementale, pourquoi le gouvernement n'a pas anticipé ce besoin. Comment se fait-il que nous allons perdre cette capacité, ce qui va entraîner des risques sur le terrain tant qu'une solution n'aura pas été trouvée, pour quelque chose d'aussi simple sur le plan administratif?
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