Déclaration faite le 15 février 2011 par la sénatrice Elizabeth Hubley
L'honorable Elizabeth Hubley :
Honorables sénateurs, la participation accrue des femmes sur le marché du travail est l'une des plus importantes tendances sociales observées au Canada depuis 25 ans. Il y a plusieurs années, j'ai présenté une interpellation au Sénat au sujet de la nécessité d'améliorer les prestations de maternité et les prestations parentales. Dans cette interpellation, j'ai amplement parlé de la nécessité d'offrir les prestations de maternité et les prestations parentales aux travailleurs autonomes. En janvier 2011, les travailleurs autonomes pouvaient choisir de participer aux programmes de prestations spéciales de l'assurance-emploi, y compris aux programmes de prestations de maternité et les prestations parentales.
Tout comme les améliorations qui ont été apportées au programme en 2001 par le gouvernement libéral qui a prolongé la durée des prestations à 50 semaines, cette initiative aidera certainement les nouveaux parents et leurs enfants. Cela dit, malgré les changements effectués depuis une décennie, il y a encore place pour l'amélioration. Le Canada peut prendre dès maintenant d'autres mesures pour appuyer les nouvelles familles.
Je conviens comme les sénateurs qui ont participé à cette interpellation qu'une étude approfondie est souhaitable. Toutefois, l'élimination de la période de carence de deux semaines dans le cas des prestations parentales et de maternité pourrait grandement aider les parents au cours de ces deux premières semaines critiques. Cette mesure très simple pourrait être prise immédiatement afin d'alléger le stress financier des nouveaux parents.
La période de carence de deux semaines crée un stress inutile pour les parents à faible revenu qui comptent exclusivement sur ces prestations. Même s'il peut exister des motifs valables de conserver la période de carence de deux semaines dans le cas des prestations d'assurance-emploi régulières, ces raisons ne s'appliquent pas aux prestations parentales et de maternité. Lorsqu'on assimile la période de carence à un montant déductible aux fins d'une assurance, on oublie que les prestations parentales et de maternité ne sont pas une assurance ordinaire : c'est un investissement fait par le Canada dans un enfant, au cours de la première année de sa vie, qui est si importante. Forcer les parents à trouver des façons d'assumer les dépenses liées à leur nouveau-né durant ces deux premières semaines critiques est un fardeau inutile qui mine l'engagement du Canada envers son nouveau citoyen.
Éliminer ces deux semaines de stress financier pour les nouveaux parents serait facile à faire et ne nécessiterait pas de hausse des cotisations. Cette mesure permettrait tout simplement de verser plus rapidement aux parents — c'est-à-dire quand ils en ont besoin — des prestations auxquelles ils ont déjà droit. Ce simple changement est un pas dans la bonne direction pour améliorer les prestations parentales et de maternité et, au bout du compte, bâtir un système de soutien stable et adéquat pour les familles.
Je félicite ma collègue de l'Île-du-Prince-Édouard, madame le sénateur Callbeck, d'avoir attiré l'attention du Sénat sur cette importante question. J'espère que le gouvernement va non seulement éliminer la période de carence de deux semaines, mais qu'il va aussi entreprendre un examen approfondi des mesures qui améliorent la sécurité économique des femmes et des enfants. Nous devons donner à nos enfants le meilleur départ possible. Ils ne méritent rien de moins.