Déclaration faite le 20 novembre 2007 par la sénatrice Marilyn Trenholme Counsell (retraité)
L'hon. Marilyn Trenholme Counsell:
Honorables
sénateurs, j'aimerais moi aussi parler des enfants. Comme nous le savons, nous
célébrons aujourd'hui la Convention des Nations Unies relative aux droits de
l'enfant. Au Canada, nous avons rédigé notre propre déclaration, qui rend ce
jour d'autant plus spécial : Un Canada digne des enfants.
Les enfants du Canada sont notre avenir. Tout ce que nous
faisons pour eux pendant notre vie aura une incidence sur la leur. Tout ce que
nous ne faisons pas aura aussi une incidence sur le Canada. Les enfants
canadiens, pour la plupart, sont en bonne santé. Ils réussissent à l'école et
beaucoup d'entre eux couvrent notre pays de gloire de par leurs réussites
scolaires, artistiques et sportives. Nos plus jeunes citoyens posent les
questions les plus importantes. Il leur arrive aussi d'avoir les réponses les
plus perceptives. En ce qui concerne les droits de la personne, les enjeux
mondiaux, l'environnement et la pure et simple bonté, ils ont beaucoup à
apprendre à ma génération. Cependant, trop nombreux sont les enfants laissés
pour compte qui n'atteignent pas leur plein potentiel.
Par conséquent, honorables sénateurs, en ce jour consacré
aux enfants du Canada, je ne peux m'empêcher de réfléchir à ce qui justifie la
réalité présente : tout d'abord, la pauvreté dans un million de foyers
canadiens; ensuite, le refus de faire des enfants une priorité nationale; et
enfin, la tendance trop fréquente à ne pas accepter le constat des recherches
récentes et le manquement, surtout de la part des gouvernements, à notre devoir
d'agir.
Nous ne saurons accepter que jusqu'à un tiers de nos enfants
sont vulnérables. Ils sont plus que laissés pour compte quand il s'agit de la
santé mentale et de la toxicomanie. On dit que la dépression chez la mère
contribue plus que tout autre facteur à la vulnérabilité des enfants,
indépendamment de la situation socioéconomique.
Une intervention en particulier l'emporte sur toutes les
autres si nous souhaitons faire de notre mieux, individuellement et
collectivement, pour respecter le droit de chaque enfant à atteindre son plein
potentiel. Il s'agit de l'intervention auprès des enfants en bas âge. Il faut
commencer par les jeunes, avant même qu'ils ne deviennent parents, et prendre
beaucoup plus au sérieux les questions de santé maternelle et de santé prénatale
au Canada.
Tous les enfants doivent être examinés le plus tôt possible
après leur naissance puis vers deux ou trois ans, en vue de déceler chez eux
tout signe de maladie ou de trouble du développement. Les problèmes physiques et
mentaux doivent être détectés le plus tôt possible. Il faut alors faire les
interventions nécessaires et assurer un suivi. Les parents doivent participer
continuellement. Il faut une volonté éclairée, que ce soit à l'échelle
nationale, provinciale, territoriale ou communautaire, d'accorder la priorité au
développement de la petite enfance, dans nos foyers et partout où l'on prend
soin des enfants dans nos collectivités.
Du gouverneur de la Banque du Canada jusqu'aux plus éminents
chercheurs et éducateurs de notre pays, des neuroscientifiques jusqu'aux
spécialistes en sciences sociales, tous martèlent le même message : les enfants
sont notre investissement le plus important. Chaque dollar que nous leur
consacrons maintenant nous permettra d'économiser de 6 $ à 8 $ plus tard. Ce
message tombe trop souvent dans l'oreille d'un sourd.
Les parents d'enfants souffrant d'un trouble de
l'apprentissage, d'autisme, de TSAF, du THADA et du dernier découvert, le DPAC,
ou désordre du processus auditif central, ou encore de troubles d'anxiété, de
dépression et même de symptômes de trouble bipolaire ou de schizophrénie, crient
à l'aide, et le Canada, trop souvent, n'offre que des miettes et oublie de faire
preuve d'engagement et de générosité.
Des parents autochtones ont désespérément besoin de services
d'éducation et de soins prénatals. Leurs enfants ont besoin d'un bon départ sur
tous les plans pour lesquels on peut créer un programme. Le Canada peut devenir
un chef de file en éducation du public, et il devrait le faire.