Déclaration faite le 17 février 2011 par le sénateur Wilfred Moore
L'honorable Wilfred P. Moore :
Honorables sénateurs, je vous parle aujourd'hui d'une jeune amie, Madison Rae McDougall Burch, qui est décédée chez elle, à Marriotts Cove, dans le comté de Lunenberg, en Nouvelle-Écosse, entourée de sa famille et de ses amis le vendredi 11 février dernier, un mois avant son quatrième anniversaire.
En août 2009, les médecins ont diagnostiqué chez Madi une leucémie myéloïde aiguë. Madi a immédiatement entrepris un traitement de chimiothérapie au centre de santé Izaak Walton Killam, à Halifax. Elle a connu une période de rémission, mais la maladie est revenue rapidement. Elle a été transférée à l'hôpital pour enfants de Toronto en vue d'une transplantation de moelle osseuse. Cette fois, la rémission a été de plus longue durée, mais, en novembre 2010, le cancer s'est réinstallé en permanence.
Honorables sénateurs, durant sa vie beaucoup trop courte, Madi nous a donné une leçon de courage et nous a appris à tous le pouvoir du courage, de la détermination et de la joie. Au cours des derniers mois de sa vie, elle a vécu pleinement chaque jour. Elle est devenue une grande lectrice. De plus, grâce à la gentillesse de la Fondation canadienne Rêves d'enfants, Madi et sa famille ont pu aller à Disney World, en Floride, où Madi a été accueillie par sa chère fée Clochette. Madi a incité d'innombrables parents à serrer leurs enfants contre leur cœur encore plus fort chaque jour. Elle a fait sourire toutes les personnes qui l'ont connue et elle leur a laissé des merveilleux souvenirs qui dureront toute leur vie.
Honorables sénateurs, le cas de Madi a incité beaucoup de médecins et de scientifiques à travailler plus fort pour percer le mystère du cancer. Cette vie courte et précieuse devrait avoir un sens. Elle devrait servir à quelque chose. L'hôpital pour enfants, qui a pris soin de Madi lorsqu'elle était malade, mène des recherches de pointe dans le domaine des cellules souches et de la médecine régénérative. Les cellules souches sont les éléments constitutifs de l'organisme qui peuvent, par développement ou différenciation, devenir n'importe quel type de tissu ou d'organe. Ces cellules sont au cœur de la médecine régénérative, qui consiste à faire pousser des cellules, des tissus et des organes pour réparer, remplacer ou régénérer ceux qui sont endommagés par l'âge, la maladie ou des blessures.
Les cellules souches sont prélevées sans controverse dans la moelle osseuse et le sang du cordon ombilical après la naissance. Le Canada bénéficierait de l'accès à un stock génétiquement diversifié de sang ombilical qui permettrait d'avoir recours à la cytothérapie pour soigner certains malades.
Toutefois, sur les 58 pays développés du monde, le Canada est le seul pays à ne pas avoir de banque publique de sang ombilical. En plus d'entraver les progrès scientifiques, l'absence de banque publique est coûteuse. En effet, en 2010, le Canada a importé 90 unités de sang ombilical, qui coûtaient chacune entre 40 000 $ et 80 000 $, soit au total un coût moyen de 5,4 millions de dollars.
Je ne sais pas si la disponibilité de sang ombilical aurait aidé Madi ou aurait permis de la sauver, mais je sais que nous devrions faire le maximum pour disposer de sang ombilical pour les enfants comme Madi et les milliers d'autres enfants canadiens atteints de leucémie myéloïde ou d'autres maladies.
Au nom de Madi, je prie le gouvernement du Canada de créer sans attendre une banque nationale de sang ombilical.