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La responsabilité de protéger

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Déclaration faite le 22 mars 2011 par le sénateur Roméo Dallaire

L'honorable Roméo Antonius Dallaire :

Honorable sénateur, le leader a souvent reproché aux sénateurs de ce côté-ci — et j'ai parfois été la cible de cette accusation — de poser des questions qui sont simplement inspirées d'articles parus dans les journaux. Je me permets de signaler, en toute déférence, que tout ce que le leader vient de me dire, je l'ai lu ou entendu au moins une douzaine de fois dans différents médias. Je n'essaie pas de savoir si le leader est au courant de ce qui se dit dans les médias, mais de l'interroger sur les principes fondamentaux, sur les notions essentielles qui encadrent les opérations pour lesquelles nous déployons des forces dans des zones de conflit.

Le principe fondamental de la responsabilité de protéger a été énoncé après ce qui s'était produit au Rwanda et à Srebrenica. Il y a toute une série de critères à respecter, et ils sont là pour aider les pays à prendre des décisions encore plus opportunes, lorsqu'il s'agit de choisir comment employer les moyens diplomatiques et, en dernier recours, comment user de la force.

Allons-nous en Libye avec cette idée en tête, c'est-à-dire pour appliquer un principe que nous avons fait accepter par le reste du monde?

Je peux comprendre que le principe de la responsabilité de protéger ait été accueilli avec réticence. Lorsque nous avons proposé cette doctrine, certains petits pays craignaient que les grands ne l'invoquent pour venir déposer leur dictateur. Tel n'est pas notre plan, bien qu'il existe quelques dictateurs qui mériteraient qu'on intervienne. Par ailleurs, des grands pays ne voulaient pas se faire entraîner, à cause de la responsabilité de protéger, dans des interventions auxquelles ils ne tenaient pas.

Craignons-nous que, si nous employons l'expression « responsabilité de protéger » et faisons de cette notion une prémisse fondamentale, si nous faisons de cette opération une application de ce principe, cela ne crée un précédent qui nous obligerait à participer à d'autres opérations?

Veuillez s'il vous plait appuyer ici pour lire la question du sénateur dans son intégralité


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