Déclaration faite le 22 mars 2011 par la sénatrice Maria Chaput
L'honorable Maria Chaput :
Honorables sénateurs, en tant que présidente du Comité sénatorial permanent des langues officielles, j'ai l'honneur de vous dire quelques mots au sujet du rapport du comité intitulé L'épanouissement des communautés anglophones du Québec : Du mythe à la réalité.
Comme vous le savez tous, la protection et la promotion de nos communautés de langues officielles en situation minoritaire est pour moi un engagement de toute une vie. Celui-ci anime tous les aspects de ma vie, tant ici au Parlement que dans ma communauté au Manitoba. J'avoue que ce sont jusqu'à présent les communautés francophones situées à l'extérieur du Québec, comme la mienne, qui ont retenu davantage mon attention. Celles-ci sont vulnérables devant les forces assimilatrices qui les menacent, mais réussissent malgré tout à préserver leur vitalité grâce, notamment, à leurs institutions éducatives, sociales et culturelles, ainsi que l'appui du gouvernement fédéral.
Cela dit, au Canada, il y a deux grandes communautés de langues officielles qui vivent en milieu minoritaire : les francophones et Acadiens à l'extérieur du Québec et les communautés anglophones du Québec. Nos deux langues officielles ont, comme vous le savez tous, un statut, des droits et des privilèges égaux.
Dans le cadre de notre étude sur les communautés anglophones du Québec, le comité a rencontré plus d'une soixantaine de témoins, représentés par près de 200 porte-parole, lors d'audiences publiques tenues à Ottawa et dans trois régions du Québec.
Je peux vous dire très sincèrement que j'ai beaucoup appris au sujet de ces communautés minoritaires de langue officielle.
Honorables sénateurs, tout près d'un million de personnes au Québec ont l'anglais comme première langue officielle parlée.
La population anglophone du Québec est largement bilingue et elle est scolarisée. Pour les anglophones du Québec, la maîtrise obligatoire des deux langues officielles est une réalité avec laquelle ils doivent composer. Ces derniers désirent vivre et s'épanouir dans leur langue tout en participant à part entière à la société québécoise.
Il est important de souligner que, contrairement au mythe qui perdure, cette population n'est pas privilégiée sur le plan socioéconomique. Alors que ces communautés occupent une place spéciale dans l'histoire de notre pays, tel que reflété dans la Constitution, leur développement et leur épanouissement nécessitent l'appui du gouvernement fédéral, tel que prévu par la Loi sur les langues officielles.
Les récents travaux du Comité sénatorial permanent des langues officielles m'ont sensibilisée à la réalité et aux caractéristiques propres aux communautés anglophones du Québec. J'ai appris à connaître leurs besoins et les défis auxquels elles font face.
Alors que leur langue n'est manifestement pas menacée, puisque c'est la langue de la majorité au Canada, il n'en demeure pas moins que la vitalité des communautés anglophones du Québec demeure fragilisée à certains égards et que la pérennité de cette vitalité n'est pas un fait acquis.
L'épanouissement des communautés anglophones du Québec : du mythe à la réalité dresse le portrait actuel des communautés anglophones du Québec en examinant, notamment, la vie communautaire, le développement économique, les médias dans le milieu minoritaire, le vieillissement de la population ainsi que les défis qu'affronte la jeunesse anglo-québécoise.
Après étude et analyse, le comité a formulé 16 recommandations à l'attention du gouvernement fédéral en vue de favoriser l'épanouissement de la minorité anglophone et d'appuyer son développement.
Un point commun qui ressort de cette étude en comité est l'importance de consulter régulièrement les communautés anglophones du Québec. La consultation est au cœur de la relation de confiance qui doit s'établir entre les institutions fédérales et les communautés de langue officielle en situation minoritaire.
En conclusion, je tiens à remercier tous les membres permanents du comité ainsi que les autres sénateurs qui ont participé à cette étude. Leur dévouement, leur coopération et leur disponibilité ont permis de produire un rapport de grande qualité, dont les recommandations sont à la fois utiles et réalistes. J'aimerais également remercier le personnel du comité, en particulier l'analyste de la Bibliothèque du Parlement, pour leur travail extraordinaire.
Ayant beaucoup appris en participant à cette étude, j'invite tous les honorables sénateurs à lire le plus récent rapport du Comité sénatorial permanent des langues officielles concernant les communautés anglophones du Québec. Il est temps de passer du mythe à la réalité.
Le rapport et un sommaire de celui-ci sont affichés sur le site web du comité, où il sera possible de les consulter en tout temps.