Déclaration faite le 23 mars 2011 par le sénateur Charlie Watt
L'honorable Charlie Watt :
Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd'hui pour parler du projet de loi C-465, qui vise à faire du 23 septembre une journée du patrimoine national en matière de chasse, de piégeage et de pêche.
Je sais bien qu'il existe de nombreux excellents chasseurs, trappeurs et pêcheurs, qui pratiquent ces activités de manière sportive dans le Sud du Canada, mais force est de reconnaître que la chasse et la pêche sont nécessaires à la survie de toutes les communautés du Nord. En parlant de « sport », nous amoindrissons le rôle crucial de ces chasseurs et pourvoyeurs.
Je ne veux pas que les discussions d'aujourd'hui nous fassent perdre de vue la question de la chasse visant à assurer la subsistance. Ce que je veux faire valoir, c'est que ce n'est pas tout le monde qui chasse ou qui pêche pour le plaisir. La crise alimentaire qui sévit dans le Nord et les besoins économiques nous ont obligés à continuer de pratiquer une chasse de subsistance, celle-ci est d'ailleurs toujours bien vivante aujourd'hui. Dans le Nord, nous ne pouvons toujours pas compter uniquement sur les produits achetés en magasin en raison de leur coût élevé et de leur disponibilité réduite dans les épiceries.
J'apprécie les efforts du gouvernement visant à verser des subventions plus généreuses aux gens du Nord par le biais d'un programme d'approvisionnement alimentaire par la poste revu et corrigé, mais c'est insuffisant. Il faut encore trouver un remède à la pauvreté et à la rareté alimentaire, ainsi que des solutions permanentes pour les communautés de l'Arctique.
Nous pourrions commencer par reconnaître les personnes qui pratiquent une chasse de subsistance comme elles le méritent. Nous devrions leur procurer des subventions et des programmes s'apparentant à ceux destinés aux agriculteurs et aux pêcheurs puisque ces chasseurs approvisionnent la région en aliments.
Je demande aux sénateurs d'établir dans leur esprit une distinction nette entre les chasseurs sportifs et les personnes qui chassent pour leur subsistance. Je leur demande aussi de songer à des moyens novateurs de montrer de la gratitude et du respect aux personnes qui chassent pour assurer la survie de leur communauté.
Honorables sénateurs, lorsque l'Union européenne a cessé d'accepter les peaux de phoque, nos chasseurs n'étaient pas admissibles à l'assurance-emploi. Par contre, vous vous rappelez sans doute que les pêcheurs de morue des Maritimes ont reçu un dédommagement lorsque les stocks de morue ont décliné, il y a de nombreuses années. Nous pourrions peut-être nous fonder sur des paramètres semblables ou en établir de meilleurs. À tout le moins, nos chasseurs devraient recevoir davantage d'aide financière dans le cadre des programmes de soutien qui leur sont destinés, et ils devraient bénéficier d'allégements fiscaux pour ce qui est de leur revenu de chasse et de l'achat de l'équipement requis pour effectuer leur travail, par exemple des cordes, des filets, des bateaux et des motoneiges.