Déclaration faite le 22 juin 2011 par la sénatrice Vivienne Poy
L'honorable Vivienne Poy :
Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd'hui pour rendre hommage au sénateur Lillian Dyck, dont l'histoire a inspiré la pièce de théâtre Café Daughter, quia été créée au théâtre Gwaandak, à Whitehorse, le mois dernier. La pièce Café Daughter du dramaturge Kenneth T. Williams, illustre le traitement épouvantable réservé aux Premières nations et aux immigrants chinois par le Canada au cours de son histoire. L'histoire aurait pu se dérouler dans n'importe quelle région rurale du Canada. C'est une histoire qui parle de discrimination et de solitude.
Le père du sénateur Dyck était Chinois. Il était propriétaire d'un petit café en Saskatchewan, mais la loi provinciale lui interdisait d'engager des femmes blanches. La mère du sénateur Dyck était crie. Elle a travaillé pour lui, mais, lorsqu'ils se sont mariés, elle a perdu son statut d'Indien.
C'est P. J. Prudat, une Métisse, qui tient le rôle du personnage fictif appelé Yvette Wong dans Café Daughter, où elle est seule sur scène. La metteure en scène, Yvette Nolan, est aussi d'origine mixte. Dans la pièce, la mère d'Yvette Wong, qui est Crie, enjoint sa fille de ne jamais dévoiler qu'elle est d'ascendance crie afin d'éviter d'être doublement victime de discrimination.
Toute sa jeunesse, madame le sénateur Dyck a caché ses racines autochtones, tout en surmontant les préjugés dont ont été victimes les Canadiens d'origine chinoise. Tout comme son frère, en neuvième et en 10e année, elle a été placée dans une classe d'élèves en difficulté, parce que sa famille était pauvre et qu'elle était différente des autres. Après avoir remporté plusieurs prix en 10e année, elle a pu faire partie d'une classe d'élèves doués en 11e année. Ce n'est que lorsqu'elle a obtenu son doctorat en biologie psychiatrique et qu'elle est par la suite devenue neurochimiste de même que professeure et doyenne associée du College of Graduate Studies and Research de l'Université de la Saskatchewan que le sénateur Dyck a décidé qu'elle était prête à révéler ses vraies origines.
Café Daughter aborde des thèmes universels qui touchent tous les jeunes, soit leur identité, telle qu'elle est définie par la société, en fonction de leur famille et de leurs origines. Le guide d'étude de la pièce vise à susciter la réflexion des étudiants sur leur propre identité canadienne dans le contexte de la discrimination qui a déjà été exercée au Canada.
Je désire féliciter Kenneth T. Williams, P. J. Prudat, Yvette Nolan et le théâtre Gwaandak pour cette extraordinaire production, qui a remporté de nombreux prix, mais surtout, je veux souligner la persévérance dont notre collègue, le sénateur Lillian Dyck, a fait preuve pour surmonter les préjugés et se sortir de la pauvreté. Elle est une source d'inspiration pour chacun d'entre nous.