Déclaration faite le 23 juin 2011 par le sénateur Roméo Dallaire
L'honorable Roméo Antonius Dallaire :
Honorables sénateurs, le premier ministre s'est rendu à Kandahar, le 30 mai dernier, afin de rencontrer les troupes et de les informer que la mission de combat prenait fin et qu'elle était remplacée par une mission d'entraînement. Le premier ministre a mis en scène sa conférence de presse en plaçant en arrière-plan des soldats flanqués de drapeaux dressés et une estrade remplie de gens.
Cela ne se fait pas chez nous. Il n'a jamais été dans nos traditions que le premier ministre, ni même le commandant en chef du Gouverneur général, utilise des soldats en arrière-plan pour tenir une conférence de presse. Qu'il parle aux soldats, c'est bien, mais qu'il les utilise pour faire du théâtre politique, c'est inacceptable!
Il a dit et annoncé « Victoire en Afghanistan! » La question est la suivante. Sur quels critères se base-t-on pour crier victoire? Est-ce qu'on obtient victoire en Afghanistan ou si, par une décision politique, on se replie sur une autre mission tandis que le combat se poursuit, tandis que les risques sont encore présents et alors qu'il reste encore plus de 150 000 soldats sur le terrain?
Peut-être aurait-il pu dire « mission accomplie », selon les critères politiques du repli du combat, et non « victoire ». Madame le ministre, en utilisant le terme « victoire », le président Bush, durant la guerre contre l'Irak, a fait le même scénario. Il s'est présenté sur un porte-avions, il a utilisé toutes sortes de marins autour de lui et il a crié « Victoire à la guerre en Irak! » et la guerre s'est poursuivie pendant trois ans, avec la perte de plus de 1 500 soldats.
Madame le ministre pourrait-elle nous dire sur quels critères le premier ministre se base pour crier « Victoire en Afghanistan! »?
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