Déclaration faite le 19 octobre 2011 par le sénateur Céline Hervieux-Payette
L'honorable Céline Hervieux-Payette :
Les rues n'étaient pas très sûres pour les femmes autochtones en Colombie-Britannique. Outre le projet de loi C-10, le gouvernement pourrait utiliser d'autres moyens pour soulager la souffrance des femmes autochtones.
J'aimerais vous soumettre le cas d'une autre clientèle fragile, qui représente l'avenir du Canada. Lors d'une conférence de presse à Montréal, le 17 octobre dernier, trois jeunes contrevenants purgeant une peine au Centre de jeunesse de Montréal ont expliqué comment l'adoption du projet de loi C-10 nuira à leur réinsertion sociale et à leur possibilité de profiter d'une deuxième chance dans la vie.
On parle de jeunes qui ont connu un mauvais départ et, très souvent, cela commence très tôt, dans la famille. L'un des dirigeants du centre, Clément Laporte, coordonnateur au Centre d'expertise sur la délinquance des jeunes et les troubles de comportement, affirme que la décision du gouvernement n'est pas appuyée par la littérature scientifique.
Une expérience menée au Texas a laissé entendre qu'il est inutile pour une société comme la nôtre de croire qu'on pouvait la protéger, au sens criminel du terme, en utilisant la dissuasion, c'est-à-dire en allongeant les peines et ne rien faire entre-temps.
On y mentionnait ceci : « Vous avez parlé aux jeunes. Soit ils agissent sur le coup de l'impulsivité » — et c'est ce qu'ils ont dit —, « soit ils sont totalement criminalisés », parce que depuis longtemps ils n'ont pas été pris en charge, « et ils pensent qu'ils ne se feront jamais prendre ».
Le gouvernement agit sur la base d'éléments politiques et de popularité. Or, sur une base scientifique, tout démontre le contraire.
Que compte faire le gouvernement pour donner une deuxième chance à ces jeunes Canadiens, souvent intelligents et qui peuvent s'en sortir, au lieu de les pousser dans les bras de criminels endurcis en les envoyant en prison pour des peines qui n'ont aucune justification?
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