Déclaration faite le 20 octobre 2011 par le sénateur Grant Mitchell
L'honorable Grant Mitchell :
Honorables sénateurs, je suis heureux d'avoir l'occasion de vous parler quelques minutes de la technologie et de son utilisation à Sénat et dans notre travail quotidien. La technologie nous permet de faire des économies et d'accroître notre efficacité.
Honorables sénateurs, je veux profiter de l'occasion pour discuter de l'utilisation des moyens technologiques et comme cela touche les bibliothèques, je prends prétexte du rapport pour aborder le sujet.
Je crois que mes collègues et l'administration du Sénat ont fait des progrès remarquables à l'aube du XXIe siècle, qui est marqué par le progrès technologique. Les progrès sont réels et constants. La semaine dernière, nous avons été témoins du lancement officiel de plusieurs nouveaux sites web pour les comités. Je les ai regardés et je suis très impressionné par leur apparence et leur utilité. Évidemment, certains éléments devront être travaillés davantage, par exemple la possibilité de retracer facilement et rapidement des passages du hansard et le reste, mais il y a eu des progrès.
Nous avons été autorisés à utiliser nos budgets pour acheter des tablettes. Nous avons des pionniers parmi nous. Le sénateur Finley s'est lui-même acheté sa tablette. Il a probablement fait la queue pour l'obtenir le jour même de son lancement. Il ne jure que par les tablettes. J'en ai acheté une, comme d'autres sénateurs et de plus en plus de sénateurs le font.
Les sénateurs utilisent de plus en plus les sites Internet. J'ai récemment vu un bulletin électronique sur le site du sénateur Wallin. C'est un excellent bulletin, très détaillé, informatif et convivial. Tout cela est exceptionnel.
Le Sénat a annoncé qu'il utilisait Twitter. Je ne sais pas exactement comment cela fonctionne, mais cela me parait impressionnant. Sous la direction du sénateur Angus, le Comité sénatorial permanent de l'énergie, de l'environnement et des ressources naturelles a créé un site Internet autonome spécial pour notre rapport sur la stratégie énergétique canadienne afin d'informer les Canadiens de son existence et de leur donner la chance de voir ce que nous faisons et, plus important encore, de leur donner la possibilité de nous dire ce que nous devrions faire et de réagir à ce que nous faisons. C'est très positif.
De plus, notre responsable des communications, Ceri Au, a annoncé sur Twitter le premier anniversaire de ce site Internet et Kady O'Malley, qui a 15 000 abonnés, a retwitté le message, ce qui fait que beaucoup plus de Canadiens savent maintenant à quel point le Sénat, et surtout le Comité de l'énergie et de l'environnement du sénateur Angus, est à la fine pointe de la technologie. C'est très bien.
J'encourage de telles initiatives et je félicite les membres du personnel et les sénateurs qui ont fait avancer les choses et ont créé un milieu propice à de tels progrès.
Le Président me regarde du coin de l'œil en se demandant si je vais finir par parler des bibliothèques. En fait, j'y arrive. La technologie a des répercussions sur les bibliothèques.
Notre bibliothèque est l'une des plus remarquables au pays, si ce n'est au monde. Il s'agit de l'un des plus belles institutions de notre pays et très certainement du monde. Elle offre un soutien, des renseignements et des services de gestion de données d'excellente qualité au Sénat et à l'autre endroit, à l'appui du travail des parlementaires. Cependant, elle ne nous offre pas de livres électroniques. Imaginez que nous puissions emprunter un livre électronique et le lire sur notre iPad, notre PowerBook ou notre Playbook. Imaginez les avantages. D'abord, c'est tout simplement plus pratique.
Je sais que beaucoup de gens ont une vision romantique des livres, du papier et des journaux. Pas moi. J'adore lire des livres sur support électronique, que ce soit un iPad ou un Kindle. Je ne veux pas promouvoir une marque plutôt qu'une autre, mais vous savez ce que je veux dire.
Il est très pratique, lorsqu'on voyage autant que nous, d'avoir accès à 50 ou 60 livres au même endroit et de pouvoir acheter un livre si vous devez attendre sur la piste avant le décollage. L'avion ne doit évidemment pas être en train de rouler, parce qu'ils ne vous laisseront pas utiliser vos appareils.
Par exemple, je voyageais un jour avec le sénateur Dallaire. Nous étions dans un avion qui a dû attendre un certain temps sur la piste avant de pouvoir décoller. Je me suis tourné vers notre collègue et je lui ai dit : « Tu sais, Roméo, je n'ai pas encore acheté ton livre », puis j'ai ajouté, « mais je vais me le procurer dès maintenant ». J'ai communiqué avec Kindle pour acheter le livre du sénateur Dallaire. Celui-ci m'a demandé : « Mon livre est sur Kindle? » Il ne savait absolument pas qu'il existait une version numérique de son livre, ce qui est très pratique.
Cela coûte aussi beaucoup moins cher d'acheter un livre en format électronique qu'une édition reliée, et même une édition brochée. D'une façon générale, les livres électroniques sont vendus à rabais. C'est aussi beaucoup plus facile pour une bibliothèque de fournir le livre. Je demande parfois un livre à la Bibliothèque du Parlement et ils n'en ont que deux exemplaires, de sorte que je dois attendre des mois avant que mon tour vienne. Dans le cas des versions électroniques, je pense que les possibilités sont infinies. Je ne crois pas qu'obtenir un livre électronique pose de problème. En fait, vous n'avez même pas à attendre que quelqu'un aille vous le chercher et vous l'apporte. Il suffit d'appuyer sur un bouton et le livre apparaît.
Certains se demanderont comment s'en départir. Qu'arrive-t-il si on le garde? En fait, ces livres se volatilisent après un certain temps, en fonction de la durée du prêt. C'est la même chose avec les films. Si vous louez un film, vous avez 30 jours pour le regarder. Ensuite, une fois que vous avez commencé à le visionner, celui-ci disparaît comme par magie au bout de 48 heures.
Je vais énumérer certains avantages dont nous jouirions si la Bibliothèque du Parlement pouvait nous fournir des livres numériques. Nous économiserions de l'argent. Je suis égoïste quand je dis cela, mais ce serait beaucoup plus pratique en voyage, puisque nous n'aurions pas à traîner des tas de livres dans nos valises. Ce serait beaucoup plus efficace et cela réduirait la pression sur le personnel. Les employés chargés de remettre les livres pourraient être affectés à d'autres tâches plus productives et plus intéressantes. Ai-je dit que nous réaliserions des économies? Permettez-moi de le répéter : nous ferions des économies.
Ce serait une très bonne chose si la Bibliothèque du Parlement pouvait étudier cette idée. J'en ai parlé à un cadre supérieur de la bibliothèque il y a environ un an, mais j'ai immédiatement eu l'impression que sa réaction était négative. Il a dit que cela n'était pas possible, que cela créerait des problèmes liés au droit d'auteur, et ainsi de suite. Pourtant, il n'y aurait pas de tels problèmes. Nous le faisons déjà à la bibliothèque publique d'Edmonton. Nous pouvons emprunter de la musique et des vidéos. Par conséquent, il doit certainement être possible pour la Bibliothèque du Parlement de prêter des livres numériques.
La Bibliothèque du Parlement est une institution de calibre mondial, qui peut offrir un leadership extraordinaire. J'aimerais entendre les responsables déclarer qu'ils montreront au reste au Canada et au reste du monde comment adapter les méthodes de prêts au contexte du XXIe siècle et bénéficier de tous les avantages que j'ai mentionnés. Je ne les répéterai pas. Honorables sénateurs, voilà ce que la Bibliothèque du Parlement pourrait accomplir.
Pour ce qui est des économies que permet la voie numérique, la Bibliothèque du Parlement met à notre disposition toutes sortes de données, de documents et de notes de breffage à l'intention des comités. Nous pourrions sûrement avoir tout ce matériel sur un iPad ou un Playbook. En fait, l'été dernier, un de mes amis m'a envoyé un article à propos du Sénat de l'État de la Virginie : les 44 sénateurs ont reçu un iPad. Ils l'utilisent pour tous les renseignements qu'ils reçoivent pour les comités et, croyez-le ou non, ils adoptent des centaines de projets de loi pendant chaque session. Ce qui représentait auparavant des montagnes de papier est maintenant sur leur iPad.
Pour vous donner une idée de la quantité de papier que nous utilisons, honorables sénateurs, il vous suffit de regarder sous votre bureau. Voilà ce que j'ai accumulé en peu de temps. Il y a des hansards, des ordres du jour, des Journaux et des projets de loi. Tout ce matériel existe en format électronique, quelque part sur un serveur, et il pourrait apparaître sur ce iPad automatiquement. En fait, nous pouvons déjà obtenir une partie de ce matériel, mais ce n'est pas très pratique.
Le Sénat de l'État de la Virginie dispose d'un programme permettant de créer un cahier d'information. Il suffit d'appuyer sur un bouton à l'écran tactile, le document s'ouvre et on tourne les pages, comme un livre. C'est très efficace! S'il y a une erreur sur une page, on vous la renvoie. Vous n'avez pas à vous soucier de quoi que ce soit. Il n'y a pas de document à agrafer, à imprimer, à acheminer et à perforer, et il n'y a rien sur quoi se cogner les genoux à chaque fois qu'on s'assoit à son bureau. Même moi, qui suis pourtant petit, je me les suis cognés. Je n'y vois que des avantages et le côté pratique.
Ici, au Sénat, nous tentons de faire des économies. Nous allons réduire nos déplacements et nous ne croyons pas disposer d'un budget suffisant pour téléviser les débats du Sénat. Nous pourrions économiser des milliers et des milliers de dollars si nous nous dotions simplement d'un programme — un programme qui existe déjà — qui nous permettrait de transférer, en toute sécurité et efficacement — les données, les notes d'information et tous les documents que nous recevons.
L'assemblée législative danoise se sert elle aussi de tablettes électroniques — mais je n'ai pas beaucoup lu sur le sujet. Pour la gouverne des sénateurs qui croient dans le libre marché, les entreprises privées les utilisent abondamment. J'ai discuté avec le représentant d'une grande société de Calgary qui a pris l'initiative de donner une tablette aux vingt membres de son conseil d'administration, qui reçoivent tous les documents sur cette dernière. L'entreprise réalise ainsi des économies de 60 000 $ par année.
Honorables sénateurs, j'attire votre attention sur ce point. Voilà un domaine dans lequel nous pourrions être à la fine pointe de la technologie. Au lieu de croire que nous sommes plutôt lents et amorphes, les gens nous demanderaient : « Comment avez-vous fait cela? » On raconterait partout comment nous avons modernisé cette grande institution de manière efficace tout en épargnant de l'argent. Il ne s'agit pas de quelques sous, mais de milliers de dollars. On épargnerait sans doute en personnel, non pas que j'ai l'intention de mettre à pied qui que ce soit, mais je suis certain que nous pourrions employer les gens à des tâches plus intéressantes et plus productives en échange du salaire que nous leur versons.
Je tiens à souligner que j'ai parlé de cette question à madame le sénateur Stewart Olsen, qui a réagi très favorablement. Je crois qu'elle dirige une initiative visant à réduire la consommation de papier, et je crois qu'elle a demandé à certains employés d'envisager cette possibilité. Ce n'est pas sorcier. Croyez-le ou non, cela prend approximativement 15 secondes, et je crois que nous devrions aller de l'avant, sans doute d'ici la fin de la semaine prochaine.