Déclaration faite le 25 octobre 2011 par la sénatrice Elizabeth Hubley
L'honorable Elizabeth Hubley :
Honorables sénateurs, je veux dire quelques mots sur le rapport concernant l'élimination des postes de gardien de phare des côtes Est et Ouest. En commençant, je tiens à remercier l'ancien président du comité, notre ancien collègue, le sénateur Rompkey, de nous avoir si bien guidés tout au long de l'étude. Je félicite le sénateur Manning d'avoir si bien présenté le contenu du rapport au Sénat.
Les phares ne sont pas que de belles constructions érigées le long de nos côtes et évoquant le romantisme de la mer. D'un point de vue pratique, ils sont gage de sécurité et de protection et servent d'aide à la navigation des bateaux de pêche, de transport et de loisir. Les phares de la Colombie-Britannique et de Terre-Neuve-et-Labrador ayant des gardiens offrent des services complémentaires comme la recherche et le sauvetage, l'aide aux marins en détresse et la surveillance météorologique aérienne et maritime.
J'ai eu le plaisir de me rendre sur les côtes Est et Ouest dans le cadre de la mission d'information que le comité a entreprise pour son étude. J'appuie sans réserve le sénateur Manning lorsqu'il affirme qu'il est important que les comités du Sénat ne travaillent pas isolément, ici à Ottawa, mais se rendent dans d'autres régions du Canada dialoguer avec des Canadiens, lorsque le sujet le justifie. J'ai acquis une nouvelle perception des phares ayant des gardiens après en avoir visité plusieurs pour notre étude.
J'ai été frappée par l'isolement de certains de ces phares et par la multiplicité des rôles que les gardiens jouent, notamment aider aux missions de recherche et de sauvetage, faire de la surveillance météorologique, aider les randonneurs et participer au Programme de surveillance côtière de la GRC, pour ne mentionner que ceux-là.
La Garde côtière a proposé l'élimination des postes de gardien pour économiser, mais le comité reste convaincu, d'après la majorité des témoignages entendus d'un océan à l'autre, que les phares ayant des gardiens jouent un rôle essentiel qui ne peut pas être assumé par un phare automatisé. D'après ces témoins, le matériel automatisé ne saurait remplacer la certitude, la fiabilité, les connaissances et le sens du jugement d'un gardien de phare expérimenté. Les pêcheurs en particulier se sont dits préoccupés par le fait que les nouveaux phares automatisés ne sont pas assez brillants et sont moins fiables que des phares où il y a des gardiens.
Je suis heureuse que le ministre des Pêches ait tenu compte des recommandations du comité au sujet de l'arrêt immédiat des plans de retrait des gardiens de phare. Encore une fois, la valeur du travail d'un comité du Sénat apparaît clairement.
Comme le sénateur Manning l'a souligné, le rapport comporte quatre autres recommandations. Je tiens à répéter l'opinion du comité selon laquelle les phares gardés devraient être considérés comme une possibilité, et non une responsabilité. Comme le comité l'a recommandé, avant de discuter davantage de l'automatisation des phares comme façon d'économiser de l'argent, une analyse complète des coûts et avantages des services supplémentaires offerts par les stations de phare gardées devrait être effectuée. En fait, beaucoup de gardiens de phare croient que, dans le cadre de leur travail dans les phares, ils pourraient remplir encore plus de rôles, et qu'il pourrait être possible pour les ministères de se partager le fardeau financier. Ces possibilités devraient être examinées.
Pour conclure, honorables sénateurs, je recommande à tous les sénateurs de lire le rapport du comité sur l'élimination de postes de gardien de phare. J'appuie la motion portant que ce rapport soit adopté et que le Sénat demande une réponse complète et détaillée du gouvernement. J'ai hâte de voir la réponse détaillée du ministre des Pêches à toutes les recommandations de ce rapport.