Déclaration faite le 27 octobre 2011 par le sénateur James Cowan
L'honorable James S. Cowan (leader de l'opposition) :
Honorables sénateurs, le 16 octobre, nous avons souligné la Journée mondiale de l'alimentation.
À l'occasion du Sommet mondial de l'alimentation tenu en 1996, le Canada s'est joint à 184 pays pour fixer un objectif ambitieux : « Éradiquer la faim dans tous les pays et, dans l'immédiat, réduire de moitié le nombre des personnes sous-alimentées d'ici à 2015 au plus tard. »
En cette fin d'année 2011, on constate que le nombre de personnes qui souffrent de la faim a augmenté au lieu d'être réduit de moitié. On estime que la population mondiale est sur le point d'atteindre 7 milliards de personnes. Presque 1 milliard d'entre elles souffrent de faim chronique, soit une personne sur sept. C'est un chiffre épouvantable.
Ces dernières années, nous avons tous constaté la hausse vertigineuse du prix des denrées alimentaires de base. En fait, cette année, le thème de la Journée mondiale de l'alimentation était « Prix des denrées alimentaires — de la crise à la stabilité ». Selon la Banque mondiale, la montée du prix des aliments a fait sombrer près de 70 millions de personnes dans la pauvreté extrême en 2010-2011.
La semaine dernière, j'ai reçu un courriel de Katie Hunt, une étudiante de l'Université Saint Mary's d'Halifax. À l'heure actuelle, elle se trouve en Chine. Elle fait partie d'un groupe de quatre étudiants de l'Université Saint Mary's qui ont été choisis pour passer le semestre à l'étranger dans le cadre d'un stage dans le domaine de la sécurité alimentaire. Elle m'a écrit au sujet des défis que doivent relever les agriculteurs dans ce pays. Voici un extrait de son courriel :
En raison du système alimentaire détraqué actuel, dans l'hémisphère nord, nous sommes atteints d'obésité, alors que, selon le Programme alimentaire mondial des Nations Unies, 925 millions de personnes souffrent de faim chronique, dont 65 p. 100 habitent dans seulement sept pays. Il est inqualifiable de constater que, dans bien des cas, ceux qui nourrissent le monde sont des agriculteurs sous- alimentés. Nous disposons des ressources nécessaires pour que personne n'ait à s'inquiéter de la provenance de son prochain repas. Éradiquer la faim dans le monde n'est pas un idéal; c'est une nécessité.
Je suis de l'avis de Mme Hunt. Dans un pays aussi remarquable et aussi prospère que le Canada, nous pouvons faire beaucoup de choses.
J'ai été ravi de constater que la ministre de la Coopération internationale partage cette préoccupation. Récemment, elle a annoncé que le Canada versera 350 millions de dollars supplémentaires au Programme alimentaire mondial au cours des cinq prochaines années.
Honorables sénateurs, ce n'est pas un enjeu partisan. En 1998, le premier ministre Jean Chrétien a publié le Plan d'action du Canada pour la sécurité alimentaire, le premier ministre Paul Martin a doublé la contribution annuelle du Canada au Programme alimentaire mondial et je suis heureux de voir que l'actuel gouvernement poursuit ces efforts.
C'est un enjeu qui préoccupe grandement bon nombre de sénateurs. L'année dernière, Son Honneur a organisé une consultation de deux jours des Présidents de Chambres hautes et de Parlements unicaméraux du G20, axée sur la sécurité alimentaire. J'ai participé à cette réunion, à l'instar de plusieurs sénateurs des deux côtés de cette Chambre. À l'époque, les participants ont convenu de poursuivre le dialogue entamé à Ottawa. Voici ce qu'avait dit le sénateur Kinsella : « Le dialogue devra être entrepris en vue de mettre en application les mesures nécessaires pour atténuer l'insécurité alimentaire dans le monde. »
Honorables sénateurs, il est plus important que jamais d'agir maintenant. Je vous invite à vous joindre à moi pour réaffirmer notre engagement, en tant que pays, d'éradiquer la faim, au Canada et à l'étranger.