Déclaration faite le 29 novembre 2011 par le sénateur Roméo Dallaire
L'honorable Roméo Antonius Dallaire :
Honorables sénateurs, je veux porter à votre attention une conférence qui a eu lieu il y a quelques semaines en vue de la création de l’Institut de la recherche sur la santé des militaires et des vétérans. Ce centre a été créé plus particulièrement pour répondre aux besoins en santé mentale de nos vétérans et de leurs familles. Sachez que, avant 1997, le Canada ne disposait que d’une petite clinique qui prenait soin de ses blessés et n’avait aucune entité de recherche depuis la guerre de Corée. Le risque était grand de se retrouver sans organisme pour non seulement faire de la recherche sur les militaires blessés et leurs familles, mais également de se retrouver incapable d’anticiper les blessures futures et potentielles au plan psychologique, de réduire leur impact sur les théâtres d’opérations et de trouver comment rectifier les problèmes, c’est-à-dire comment apporter des soins aux militaires et à leurs familles une fois qu’ils sont blessés.
Un consortium pancanadien de plusieurs universités s'est formé pour créer cet institut. Celui-ci a été fondé par l'Université Queen's et le Collège militaire royal de Kingston. Parmi les universités participantes, on note l'Université de l'Alberta, l'Université Dalhousie, l'Université de Calgary, l'Université Laval, l'Université du Manitoba, l'Université Memorial, l'Université Mount Saint Vincent, l'Université de Moncton, l'Université du Nouveau- Brunswick, , l'Université d'Ottawa, l'Université de l'Île-du-Prince- Édouard, l'Université de Regina, l'Université Ryerson, et l'Université de Western Ontario.
Nous nous attendons à ce que l'Université de Sherbrooke se joigne bientôt au groupe qui cherche à créer un tel centre dans notre pays. Le Canada est le seul pays de l'OTAN qui ne dispose d'absolument aucune capacité de recherche sur les blessures psychologiques que subissent les soldats pendant les opérations militaires et sur les répercussions de ces blessures sur leur famille.
J'aimerais énumérer quelques statistiques que je considère comme essentielles dans l'évolution de ce dossier.
Le consortium, qui est le deuxième du genre et qui fait évoluer concrètement le dossier, fait valoir que, lorsqu'on veut améliorer la vie des militaires après leur service, il faut considérer tous les anciens combattants, par seulement ceux qui sont devenus des clients d'Anciens Combattants Canada. Selon une étude récente sur l'adaptation des militaires à la vie civile après leur départ des Forces canadiennes, la transition se fait facilement pour 65 p. 100 des militaires, alors qu'elle est difficile pour 25 p. 100 d'entre eux. En outre, 75 p. 100 des militaires des Forces canadiennes qui ont été dégagés de leurs obligations pour des raisons médicales sont devenus des clients d'Anciens Combattants Canada. Enfin, le taux de suicide des anciens combattants de sexe masculin est 1,5 fois plus élevé que celui de la population en général.
Honorables sénateurs, je conclurai en disant que les universités se sont engagées à consacrer des fonds à la recherche. De plus, les ministères des Anciens Combattants et de la Défense nationale participent pleinement à cette initiative et contribueront à son financement. Cette initiative s'est fait longtemps attendre, mais elle aidera certainement à prévenir des blessures à l'avenir.