Déclaration faite le 14 mai 2008 par le sénateur Yoine Goldstein (retraité)
L'hon. Yoine Goldstein:
Honorables sénateurs, permettez-moi aujourd'hui de déposer un document qui démontre clairement qu'il faut améliorer le système canadien de prêts aux étudiants. Ce document est le résultat d'une pétition en ligne organisée par la Coalition for Student Loan Fairness. Cette pétition a reçu 1 442 signatures en ligne et renferme de nombreux témoignages émouvants des effets désastreux qu'ont chez les jeunes Canadiens les lacunes du système actuel de prêts.
Une question me préoccupe depuis un certain temps, celle des difficultés financières d'un grand nombre d'anciens étudiants, et c'est pourquoi j'ai présenté le projet de loi S-205, qui modifierait la façon dont les prêts aux étudiants sont traités dans les procédures de faillite.
Plusieurs emprunteurs qualifient le système actuel d'onéreux, d'injuste ou de cauchemardesque. Un ancien étudiant parle de son revenu limité, de son énorme dette et de ses efforts pour élever deux enfants handicapés, et avoue que ses études, effectuées dans l'espoir d'améliorer sa condition, ont eu l'effet contraire. Un autre écrit que les prêts étudiants ont ruiné sa vie. Plusieurs autres concluent avoir probablement commis la plus grande erreur de leur vie en empruntant pour s'instruire. D'autres avouent que leur endettement est devenu si paralysant qu'ils n'encourageraient jamais les jeunes, y compris leurs propres enfants, à poursuivre des études postsecondaires si cela suppose de s'endetter.
Dans un témoignage particulièrement désolant, un autre, le no 1 233, décrit comment sa sœur a été poussée au suicide à cause de son endettement et du harcèlement des agences de recouvrement.
Un autre emprunteur qui rembourse actuellement son prêt écrit simplement : « Nous avons besoin d'aide. »
Honorables sénateurs, nous devons écouter les Canadiens afin de défendre leurs intérêts et d'essayer de les aider lorsqu'ils sont dans le besoin. Les études supérieures sont utiles en soi, mais notre pays ne saurait être prospère et assurer le bien-être de notre population sans une main- d'œuvre instruite et qualifiée.
Le système actuel de prêts aux étudiants est difficile d'accès, ce qui encourage peu les jeunes Canadiens à poursuivre des études postsecondaires. Taux d'intérêt élevés — en fait les plus élevés du monde occidental —, programmes de réduction de l'endettement inadéquats et pratiques de recouvrement inflexibles, tout cela incite peu à emprunter pour faires des études collégiales ou universitaires. Le système est mauvais pour des raisons tant éthiques que pratiques, et il faut le changer.