Déclaration faite le 03 février 2009 par la sénatrice Lorna Milne (retraité)
L'honorable Lorna Milne :
Honorables sénateurs, je porte à votre attention les récentes conclusions d'une étude Environics sur les lieux historiques nationaux du Canada.
Cette étude, réalisée à la demande de Parcs Canada, révèle que 69 p. 100 des 689 lieux historiques nationaux non gérés par le gouvernement fédéral se détériorent et devront faire l'objet de travaux de réhabilitation majeurs d'ici deux ans.
La situation est tout aussi décourageante en Ontario. L'enquête révèle que seulement 37 p. 100 des propriétaires de lieux historiques, dans cette province, ont répondu que le lieu qu'ils gèrent est en bon état.
Les lieux historiques nationaux du Canada sont très variés. Ils vont des lieux sacrés et des champs de bataille à des bâtiments et des sites archéologiques. Parcs Canada les considère comme des lieux de grande importance pour le Canada, car ils rappellent des moments déterminants de l'histoire du pays.
Les lieux historiques nationaux comptent des symboles nationaux, comme les édifices du Parlement ou la forteresse de Louisbourg, et des endroits moins connus, comme l'ancien bureau de poste d'Almonte, en Ontario.
Malgré leur importance nationale, le gouvernement fédéral finance rarement l'entretien de ces lieux. Selon la fondation Héritage Canada, entre 1988 et 2000 le Programme de partage des frais des lieux historiques nationaux a accordé un financement matériel à 57 lieux non gérés par le gouvernement fédéral.
Ce financement a profité à des lieux comme les silos à grains d'Inglis à Dauphin, au Manitoba, et le marché de la ville de Saint John, au Nouveau-Brunswick. Les projets du Programme de partage des frais des lieux historiques nationaux ont permis des investissements de deux à trois fois supérieurs aux 27 millions de dollars consacrés par le gouvernement. Depuis 2000, toutefois, le programme stagne faute de financement. En 2003, la vérificatrice générale a signalé qu'au moins 118 demandes de financement étaient demeurées sans réponse.
Le gouvernement actuel a proposé une « fiducie nationale » administrée par le secteur privé pour recueillir des dons de particuliers en vue de la restauration des édifices patrimoniaux. À cette fin, une réunion de deux jours des parties intéressées a eu lieu en février dans le but de mettre au point un modèle fondé en grande partie sur un programme similaire au Royaume-Uni.
Dans le budget de 2007, 5 millions de dollars sur deux ans avaient été affectés à l'établissement de cette fiducie. Cette fiducie nationale pourra recevoir des dons et des subventions pour assurer sa viabilité à long terme. Apparemment, elle sera administrée et dirigée par des gens du secteur privé et sera indépendante du gouvernement. Toutefois, je crois comprendre que cette fiducie n'a pas encore été mise sur pied, même si des centaines de lieux patrimoniaux ont besoin d'être restaurés maintenant.
Pourquoi les Canadiens n'investiraient-ils pas directement dans la restauration de leur propre histoire? Je ne propose pas que les contribuables financent la totalité de ces projets, mais je crois que nous avons besoin d'un financement supplémentaire d'urgence pour remettre en état les lieux qui en ont le plus besoin avant qu'ils ne s'effondrent.
Malheureusement, cette situation ne peut attendre, car lorsqu'un lieu historique disparaît, c'est pour de bon. Aucune somme d'argent ne peut le ramener.
Honorables sénateurs, ni le récent discours du Trône ni le budget ne renferment un seul mot sur ce sujet. Qu'est-il advenu de ces 5 millions de dollars?