Déclaration faite le 11 février 2009 par la sénatrice Maria Chaput
L'honorable Maria Chaput :
Honorables sénateurs, en 1969, le Parlement a adopté à l'unanimité la Loi sur les langues officielles. Suite à l'adoption de cette loi consacrant le principe de l'égalité de statut de l'anglais et du français au sein de l'État canadien, un quotidien francophone rapportait que le fait que tous les partis politiques aient approuvé cette loi prouvait que la grande majorité des citoyens du pays étaient favorables à cette initiative.
Aujourd'hui, 40 ans plus tard, le français poursuit son évolution au Canada et la grande majorité de la population canadienne est en faveur du bilinguisme.
En effet, selon un sondage réalisé en 2006, 72 p. 100 des Canadiens et des Canadiennes appuient le bilinguisme. Qui plus est, selon ce même sondage, 77 p. 100 des Canadiens et des Canadiennes sont prêts à ce que des ressources soient déployées dans les écoles des minorités linguistiques afin de garantir une qualité d'enseignement équitable.
Ce 40e anniversaire de la Loi sur les langues officielles est une occasion inégalée de prendre acte du travail accompli en matière de langues officielles, de dresser la liste des tâches qu'il nous reste à accomplir en cette matière et de procéder à la réalisation de ce grand projet de société, soit la construction d'un État canadien fièrement bilingue.
Comme nous rappelle la Cour suprême du Canada :
L'importance des droits en matière linguistique est fondée sur le rôle essentiel que joue la langue dans l'existence, le développement et la dignité de l'être humain. [...] Le langage constitue le pont entre l'isolement et la collectivité, qui permet aux êtres humains de délimiter les droits et obligations qu'ils ont les uns envers les autres, et ainsi, de vivre en société.
Nombreux sont ceux qui peuvent attester que la Loi sur les langues officielles constitue un rempart primordial pour les communautés de langue officielle vivant en situation minoritaire. Cette loi, dont le statut quasi constitutionnel est reconnu par les tribunaux canadiens, contribue énormément à l'épanouissement des communautés de langue officielle vivant en situation minoritaire, y compris ma communauté franco-manitobaine.
J'ose espérer que les célébrations entourant l'adoption, il y a 40 ans, de la Loi sur les langues officielles pourront servir de tremplin pour lancer une discussion sur l'état actuel des langues officielles dans la société canadienne. Parmi les sujets que nous devrons aborder, il y a la question des mesures positives que doivent prendre les institutions fédérales afin de respecter l'engagement du gouvernement, prévu par la loi, de promouvoir l'égalité des langues officielles.