Déclaration faite le 28 avril 2009 par la sénateure Lucie Pépin (retraité)
L'honorable Lucie Pépin :
Honorables sénateurs, j'avais préparé ces quelques mots pour souligner la Journée mondiale de la santé, le 7 avril dernier. Toutefois, nous avons fait relâche et, comme la liste est longue pour les déclarations de sénateurs, ce n'est qu'aujourd'hui que je peux rendre hommage à ceux et celles qui travaillent dans l'ombre dans notre système de santé.
Cette journée commémore la création de l'Organisation mondiale de la santé et met en lumière les multiples réalités du milieu sanitaire.
Nous avons tous conscience de l'importante contribution des médecins et des infirmières. Leur rôle indispensable ne suffit toutefois pas à lui seul à faire fonctionner notre régime de soins de santé. On oublie souvent le rôle pourtant essentiel d'une autre partie du personnel de la santé.
Imaginez un peu un hôpital ou un centre de soins sans personne pour répondre au téléphone, accueillir les gens à la réception ou mettre à jour les dossiers et tenir le système d'archivage adéquat.
Pouvons-nous imaginer un hôpital sans technicien pour faire fonctionner les laboratoires et les appareils de radiographie? À quoi ressemblerait un établissement de santé où l'entretien serait irrégulier, où il n'existerait aucune mesure particulière pour réduire la propagation des maladies infectieuses, où personne ne s'occuperait du blanchissage et des repas?
Ces exemples sont tirés d'une brochure du Réseau canadien pour la santé des femmes. Ce document, intitulé Le travail invisible dans le domaine de la santé et les femmes, a d'ailleurs inspiré mon intervention d'aujourd'hui.
Il est légitime que les projecteurs soient braqués sur les médecins et les infirmières, dont le travail est le plus visible dans tous les secteurs de la santé. Toutefois, sans l'appui des autres membres du personnel, les Canadiens et les Canadiennes ne recevraient pas tous les soins nécessaires. Les réceptionnistes, technologues, préposés aux malades, archivistes, cuisiniers et concierges, toutes ces travailleuses et tous ces travailleurs invisibles accomplissent un travail indispensable à la prestation des soins et au bon fonctionnement de tout le secteur.
Ce personnel est très souvent désigné comme « auxiliaire », une désignation qui rend leur statut accessoire et relégué au second plan. De ce fait, on ne se soucie pas toujours des enjeux qui touchent ce groupe majoritairement composé de femmes. Les néo-Canadiens et les minorités visibles y sont représentés en deçà de leur nombre dans la population active.
Une grande part des travailleurs et travailleuses invisibles sont mal rémunérés. Une grande partie de ce personnel ne jouit pas d'avantages sociaux garantis par une convention collective. Les préposés à l'entretien sont exposés à des produits chimiques nocifs et à des objets tranchants.
Honorables sénateurs, le travail effectué dans la sphère de la santé est un travail d'équipe qui engage la participation de tous les employés, quelle que soit la nature de leur travail. S'assurer du fonctionnement administratif, s'occuper de l'entretien, préparer des repas sont autant de rôles qui méritent pleinement d'être reconnus comme essentiels non seulement pour favoriser la bonne santé et la guérison mais aussi pour le fonctionnement des structures.
Je vous invite à vous familiariser avec le travail invisible dans le domaine de la santé en consultant la brochure publiée à ce sujet par le Réseau canadien pour la santé des femmes. Le texte est disponible sur son site web au www.cwhn.ca.