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Terre-Neuve-et-Labrador - Interpellation

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Déclaration faite le 27 mai 2009 par le sénateur William Rompkey (retraité)

L'honorable Bill Rompkey :

Honorables sénateurs, j'aimerais faire quelques brefs commentaires. Je tiens à remercier le sénateur Cook d'avoir soulevé cette question et de nous permettre de souligner le 60e anniversaire de cette union en cette Chambre. Je ne parle pas du 60e anniversaire d'une union entre le sénateur et moi, mais de l'union du Canada et de Terre-Neuve-et-Labrador.

Cependant, je dois beaucoup à madame la sénateur Cook. En effet, elle a joué un rôle déterminant dans l'organisation de ma campagne électorale en 1972. J'étais un jeunot. C'était la première fois que je risquais un orteil dans la mare. De son côté, elle avait une longue expérience politique. Elle est venue à mon aide, et c'est en bonne partie grâce à elle que j'ai remporté cette élection en 1972. Je lui dois beaucoup.

Sénateur Cook, mon exposé aura un thème, celui de la « fortune ». Premièrement, madame le sénateur Cook est né à Fortune Bay, la baie de la fortune. J'y suis également née. Par conséquent, Fortune Bay compte probablement la plus forte représentation sénatoriale par habitant de toutes les collectivités canadiennes.

La deuxième raison pour laquelle nous sommes fortunés, c'est que nous avons voté pour adhérer au Canada. Certains ont tenté de voter pour se dissocier du Canada. Nous avons voté pour y adhérer. Ce côté a gagné par un écart très serré. Il y a eu un grand débat. George Baker s'en souviendra.

J'attire votre attention sur un disque réalisé par George Baker alors qu'il était greffier de l'Assemblée législative de Terre-Neuve. Le titre en était : « ... and oh, what a battle it was! » Les honorables sénateurs pourront entendre le déroulement du débat, s'ils achètent son disque. Est-il disponible, George? Il l'est, en effet.

Si les honorables sénateurs veulent être mis au courant du débat concernant la Confédération à Terre-Neuve-et-Labrador, je recommande ce disque. Il est gravé sur vinyle, mais le sénateur Johnson, qui connaît bien les arts, est sur le point d'offrir de le transposer en numérique, George. Il sera disponible.

Que nous sommes fortunés! Si nous ne nous étions pas joints au Canada, nous n'aurions pas eu les trois R, et je ne parle pas ici de réduire, de recycler et de réutiliser. Non, je parle des deux Rick et d'un Rex. En effet, Rick Hillier n'aurait pas été chef d'état-major de la Défense si nous ne nous étions pas joints au Canada. Deuxièmement, nous n'aurions pas eu Rick Mercer. Et, troisièmement, nous n'aurions pas eu Rex Murphy à la CBC et dans le Globe and Mail.

Rex est plus agréable à lire qu'à écouter. Rex est un boursier Rhodes de Placentia Bay, une baie toute proche de l'endroit où nous sommes nés. La bonne fortune lui a souri, à lui également. Rex a une certaine maîtrise de la langue anglaise et parfois, cela se voit.

Nous avons la bonne fortune de compter le Labrador comme partie de notre province. Nos origines remontent à des centaines d'années. Notre île a son identité. Nous sommes un peuple de pêcheurs. Nous nous sommes rendus dans cette île parce que l'océan qui l'entourait regorgeait de poissons, et cette explication de nos origines vaut également pour bon nombre de mes collègues de l'Atlantique. Voilà ce qui a formé notre identité.

Le Labrador est différent. En réalité, ce dernier se situe à la limite orientale du territoire de la baie d'Hudson, et voilà précisément ce qui lui donne une identité distincte. Évidemment, des Autochtones y vivent. Sa population inuite est celle qui vit dans la région la plus méridionale du Canada. Le Labrador a aussi une population innue, qui vit aussi sur la Côte-Nord du Québec, ainsi qu'une population métisse.

Le Labrador est une région subarctique, qui se situe immédiatement au Sud du Nunavut. Willie Adams est mon voisin et nous sommes fortunés de l'avoir pour voisin. Merci beaucoup, sénateur Campbell. Désormais, je devrais demander au sénateur Campbell de rédiger mes discours.

Nous avons la bonne fortune d'avoir le Labrador au sein de notre province. L'identité spéciale du Labrador a été reconnue. L'identité de l'île était si forte que, pendant longtemps, les gens avaient de la difficulté à intégrer, disons, une autre identité forte, mais nous y sommes arrivés. En 2001, je pense, le nom de notre province a été changée à Terre-Neuve-et-Labrador de sorte que, maintenant, nous reconnaissons le fait que deux identités fortes et distinctes forment une seule province forte.

Pendant longtemps, nous avons tiré notre subsistance de la pêche. Cette situation change en ce moment; j'ai demandé à madame le sénateur Fraser il y a quelques instants si c'était Bob Dylan qui avait écrit une chanson qui parlait du fait que les temps changent. Elle m'a dit que c'était bien lui; toutefois, ni l'un ni l'autre de nous deux ne sommes de cette génération alors je n'en dirai pas plus long à ce sujet.

Les temps changent, et nous passons d'une économie fondée sur le poisson à une économie fondée sur le pétrole. La composition démographique change. Les collectivités de St. John's et de la presqu'île Avalon grandissent, et la situation est différente qu'elle ne l'était dans les petits villages isolés.

Nous sommes fortunés de vivre dans ce pays et d'être venus ici. Je ne me lasse jamais de raconter que j'avais 13 ans quand nous nous sommes joints au Canada. J'avais 18 ans quand, à l'université, je me suis enrôlé dans la réserve de la Marine royale du Canada. Cela a fait de moi un Canadien. Je n'avais jamais rencontré de Canadiens auparavant. Les gens de ma génération à Terre-Neuve disaient que les Canadiens étaient comme nous, à l'exception de leur drôle d'accent.

C'est une expérience que je n'oublierai jamais et que j'apprécierai toujours parce qu'elle m'a permis de parcourir le pays. Nous devrions mettre en place des programmes pour permettre à tous les jeunes, ou au plus grand nombre possible de jeunes, de vivre cela.

Nous avons parlé hier soir de la relation qui existe entre les forces armées et le Canada. L'une des choses que les forces armées peuvent faire pour nous, en plus de la formation, est de permettre aux gens de parcourir l'ensemble du pays. Nous possédons l'infrastructure et les moyens nécessaires pour permettre aux jeunes non seulement de recevoir une importante formation en matière de leadership, mais aussi de voir le Canada. Il s'agit d'une expérience enrichissante. Cela l'a été pour moi, et ce le sera pour nous tous.

Nous sommes fortunés d'être ici. Je suis heureux que le sénateur Cook nous ait donné l'occasion aujourd'hui de célébrer le fait que nous sommes Canadiens et d'affirmer que notre adhésion au Canada est permanente. Le sénateur Johnson a employé une de nos phrases préférées aujourd'hui dans son discours d'adieu au sénateur Eyton. Je vais la reprendre en conclusion de mon discours pour dire que cette alliance est permanente : que le vent continue de souffler dans nos voiles longtemps.

Son Honneur la Présidente intérimaire : Y'a-t-il d'autres sénateurs qui souhaitent prendre la parole?

L'honorable Wilfred P. Moore : Le sénateur Rompkey accepte-t-il de répondre à une question?

Son Honneur la Présidente intérimaire : Sénateur Rompkey, acceptez-vous de répondre à une question?

Le sénateur Rompkey : Laissez-moi y penser. D'accord, allez-y.

Le sénateur Moore : Pouvez-vous nous parler d'un certain capitaine Robert Bartlett et nous expliquer son rapport avec Terre-Neuve et l'Arctique?

Le sénateur Rompkey : C'est cette année l'année du capitaine Robert Bartlett à Terre-Neuve. Il est né à Brigus, qui est environ à une heure de St. John's en voiture. Il descend d'une longue lignée de célèbres capitaines. Son père, son grand-père et toute sa famille sont allés en mer et ont pêché au large de Terre-Neuve et au Labrador.

Ce qu'il est important de noter dans l'histoire de Robert Bartlett, c'est qu'il a quitté Terre-Neuve pour se rendre aux États-Unis. C'est son expérience dans l'Arctique qui l'a fait connaître. Robert Bartlett a embarqué Peary jusqu'au pôle Nord. Il n'a pas accompagné Peary jusqu'au bout, mais il l'y a amené et lui a donné accès au pôle. Ce n'est qu'un des célèbres voyages qu'il a faits.

Un autre de ses célèbres voyages était avec Stefansson à bord du Karluk; ils ont atteint l'Ouest de l'Arctique et Stefansson voulait lui aussi atteindre le pôle. Le Karluk est resté pris dans la glace un hiver durant. Il a laissé Bartlett derrière. Bartlett a franchi 800 milles avec quelques autres personnes, et a fini par atteindre la Russie. Le sénateur Baker me corrigera si je me trompe. Il s'est ensuite démené pour trouver un bateau qui lui a permis de revenir et de sauver son équipage coincé dans les glaces. C'est également un livre parlé, si les sénateurs veulent l'écouter.

Robert Bartlett est devenu citoyen américain et a reçu le titre honorifique le plus prestigieux décerné par l'organisme National Geographic pour sa formidable expérience dans l'Arctique. Cette année, on célèbre sa vie et ses réalisations. Je remercie le sénateur Moore d'avoir porté cela à mon attention.


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