Déclaration faite le 02 juin 2009 par le sénateur Jerahmiel Grafstein (retraité)
Le sénateur Grafstein :
Bienvenue, madame Simon. Nous sommes très heureux de vous avoir parmi nous. C'est une occasion historique. Nous sommes privilégiés d'être ici et d'avoir la possibilité d'entendre votre point de vue.
J'ai été très ému par la liste de vos questions fondamentales : la santé, la santé mentale, les questions arctiques, l'éducation, la formation linguistique, les gaz à effet de serre, les universités, les étudiants à l'université. Ce sont là des questions fondamentales assez claires et simples pour toute société. Nous apprécions que vous nous ayez présenté cette liste. Je me réjouis également que vous ayez demandé une fiche de rendement, ce qui est tout à fait approprié.
Nous sommes ici depuis longtemps. Nous avons entendu bien des belles déclarations par les gouvernements successifs, mais très peu de progrès ont été faits sur ces questions fondamentales. Je suis ici depuis plus longtemps que la plupart de mes collègues. Je vous félicite à nouveau pour la fraîcheur que vous apportez au dossier.
Il est cependant triste de constater à quel point peu de progrès ont été réalisés sur ces questions fondamentales. Je tiens à féliciter les sénateurs Watt et Adams, qui m'ont initié il y a une décennie à l'épouvantable qualité de l'eau potable dans les collectivités autochtones, particulièrement dans le Nord.
Comme vous le savez, un projet de loi se trouve devant le Sénat depuis près d'une décennie. Je vous fais un rapport sur la situation. Pour la troisième fois, le projet de loi sur l'eau potable de qualité, qui met l'accent sur l'approvisionnement en eau potable de qualité de tous les Canadiens, y compris toutes les collectivités autochtones, en est maintenant à l'étape de la troisième lecture pour la troisième fois. Pourtant, nous attendons encore que le président, qui est ici aujourd'hui, nous soumette la question pour que nous puissions l'étudier à nouveau.
Qu'en est-il de l'eau potable dans la région dont vous êtes responsable? Il y a plusieurs mois, nous avons vu un rapport indiquant qu'au moins un tiers des collectivités autochtones, incluant la vôtre, étaient à risque. Les préoccupations liées à la santé étaient majeures. Pouvez-vous nous dire où vous en êtes dans ce dossier et si, oui ou non, vous pouvez persuader le Sénat de faire avancer le projet de loi avec plus d'énergie?
En passant, il s'agit du projet de loi S-208, et il se trouve devant le comité présidé par le sénateur Angus. Le président est ici aujourd'hui.
Mme Simon : Nous sommes des gens simples. Cela est indéniable. Nous avons besoin de choses simples pour aider nos collectivités. Par rapport au reste du Canada, nous tirons de l'arrière dans presque tous les secteurs. En cette période de récession mondiale, je crains, en tant que leader national, que nous ne fassions l'objet de compressions encore plus grandes et que les investissements requis ne se fassent pas. Si cela s'avérait, l'écart serait encore plus grand.
Nous avons besoin d'investissements pour combler des besoins essentiels dans nos collectivités. L'eau potable est l'un de ces besoins. L'eau que nous buvons arrive par camion. On la livre dans chaque foyer, sauf peut-être à Iqaluit, à Yellowknife et à Rankin, mais on la livre tous les jours par camion dans toutes les autres collectivités comme Kuujjuaq, par exemple.
Malgré tous les efforts que les gens font en matière d'assainissement, il arrive parfois que la situation dépasse les bornes. Dans ces cas, on émet des avis enjoignant la population de faire bouillir l'eau dans nombre de nos collectivités. Les gens tombent malades, puis découvrent que c'est à cause de l'eau. Il est important de répondre aux besoins essentiels dont j'ai parlé.
Que puis-je dire si le projet de loi en est à l'étape de la troisième lecture pour la troisième fois? L'eau potable est essentielle à la vie. Dans un pays comme le Canada, qu'on considère comme étant un des pays les plus riches au monde, nos collectivités manquent de choses telles que l'eau potable. Nous trouvons cela inacceptable. Nous sommes des contribuables à part entière au Canada. Les Inuits paient des impôts qui sont peut-être plus élevés que ceux des autres Canadiens, parce que le coût de la vie est très élevé dans le Nord. Pourtant, la plupart du temps, nos besoins essentiels ne sont même pas satisfaits.
C'est pour cela que je supplie tous ceux que je dois supplier pour que ce projet de loi soit adopté et que nous puissions enfin dire à nos concitoyens qu'ils auront de l'eau potable, en plus de leur dire que nous verrons à d'autres besoins essentiels. Nous avons des logements attaqués par la moisissure qui causent de graves problèmes respiratoires à nos bébés et à nos enfants. Et ce n'est pas tout. Cela n'a pas de fin. Quand on y pense, c'est ahurissant.
Nous tentons de prendre les choses une étape à la fois, mais il nous faut un plan. Il nous faut une stratégie pour répondre à ces besoins fondamentaux.