Déclaration faite le 17 juin 2009 par la sénatrice Jane Cordy
L'honorable Jane Cordy :
Honorables sénateurs, il y a quelques semaines, j'ai reçu de mon ami Jack Yazer, de Sydney, en Nouvelle- Écosse, un livre intitulé Youth Speaks Up, ou La parole est aux jeunes. Invitée au lancement du livre, j'avais été dans l'impossibilité de m'y rendre. Aujourd'hui, j'ai l'honneur de rendre hommage à Jack Yazer, qui fait l'objet du livre, et au fondateur du programme de développement personnel pour les jeunes Youth Speaks Up.
Honorables sénateurs, même à l'âge de 95 ans, Jack Yazer ne ralentit pas. Récipiendaire de l'Ordre de la Nouvelle-Écosse et de l'Ordre du Canada, M. Yazer a émigré de la Pologne au Cap-Breton en 1928. Il avait alors 14 ans. Grâce à son acharnement au travail et à sa détermination, il est devenu un homme d'affaires prospère, un leader de la collectivité et un activiste de la région de Sydney. On lui a proposé bien souvent de se présenter à la mairie de Sydney et je parierais que certains partis politiques lui ont offert de poser sa candidature comme député, mais il a toujours refusé.
Après avoir vu à la télévision une émission portant sur les effets néfastes de l'abus d'alcool et de drogues sur la vie des jeunes, M. Yazer, qui avait un petit-fils sur le point d'entrer à l'école secondaire, a exprimé son inquiétude pour les jeunes de la région de Sydney. La réaction de sa femme, Zelda, a été de lui demander pourquoi il ne faisait pas quelque chose à ce sujet. En 1996, à 82 ans, avec l'aide de son fils, Brendon, et de quelques membres de la collectivité, Jack a organisé la première rencontre de Youth Speaks Up.
Le programme était mené à Sydney pendant l'année scolaire et s'adressait aux élèves de sixième année. Les élèves se rencontraient le premier dimanche de chaque mois dans un hôtel local. Ils avaient alors un dîner formel comme en tiennent les nombreuses organisations dont ils sont susceptibles de faire partie une fois adultes. Un conférencier était invité chaque mois pour donner un exposé après le repas, suivi d'une séance à micro ouvert, ce qui donnait aux élèves la possibilité de poser des questions et de faire des observations.
J'ai eu la chance d'être parmi les conférenciers invités. Chaque réunion était animée par une école différente de Sydney afin de donner aux élèves la possibilité de présider une réunion. Chaque élève devait amasser 30 $ et, à la fin de l'année, les élèves décidaient ensemble à quel organisme donner les fonds amassés. Le coût de chaque réunion était assumé par M. Yazer et par des dons provenant de la collectivité et de commanditaires.
Environ 60 élèves étaient choisis chaque année pour faire partie du programme. On leur demandait de signer un document où ils s'engageaient à ne pas fumer et à ne pas consommer de drogues ni d'alcool pendant six ans. Ces contrats étaient placés dans des capsules temporelles qui étaient enterrées dans la cour de l'école jusqu'à la fin du cours secondaire des élèves.
En donnant aux élèves la chance d'être les hôtes d'une réunion mensuelle, d'écouter les conférenciers invités et de prendre un engagement solennel, le programme aidait les jeunes à acquérir des aptitudes à la vie quotidienne. Il leur donnait la chance d'exprimer leurs préoccupations et leurs opinions sur des sujets importants et variés et les aidait à prendre la parole en public avec confiance. Le programme initiait également les jeunes à la philanthropie et à la participation à la vie communautaire.
Youth Speaks Up a tenu sa dernière réunion en juin 2005. En avril de cette année, le programme de développement des élèves, Youth Speaks Up, a lancé un livre pour célébrer ses réalisations et souligner le travail de son fondateur, Jack Yazer. Le livre contient des témoignages d'élèves de sixième année qui ont pris part au programme pendant ses dix ans d'existence et parle de l'influence positive que le programme et surtout M. Yazer ont eue sur leur vie.
Un élève de sixième année a écrit ceci au sujet du programme : « Youth Speaks Up m'a laissé d'excellents souvenirs, trop nombreux pour que je puisse les compter. Je me suis fait beaucoup d'amis et j'ai beaucoup appris. Ce programme a fait de ma sixième année la meilleure à ce jour. Merci pour votre présence aux réunions et pour votre sourire. Vos paroles d'encouragement et vos sourires étaient chaleureux et amicaux et il était magnifique d'être en votre présence. »
Honorables sénateurs, Jack Yazer est un Canadien remarquable.