Discours et débats

L'honorable Eymard G. Corbin

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Déclaration faite le 23 juin 2009 par le sénateur James Cowan

L'honorable James S. Cowan (leader de l'opposition) :

Honorables sénateurs, c'est avec un profond regret que je souligne aujourd'hui le départ à la retraite de notre estimé collègue, le sénateur Eymard Corbin. Son départ est une perte non seulement pour le Sénat, mais également pour l'ensemble du Parlement. Le sénateur Corbin a insisté pour que nous ne soulignions pas son départ, mais mon devoir est à tout le moins de faire mention de certains des atouts que perd aujourd'hui le Parlement du Canada.

Les sénateurs arrivent dans cette enceinte forts d'une vaste expérience. Si bon nombre d'entre nous, moi notamment, entrent au Sénat avec peu d'expérience législative, sinon aucune, d'autres commencent leur carrière de sénateurs après avoir siégé pendant de nombreuses années à titre de législateurs élus. C'était le cas du sénateur Corbin.

Le sénateur Corbin a été élu à l'autre endroit pour la première fois en 1968 et il a par la suite été réélu à quatre reprises par les citoyens de la circonscription de Madawaska—Victoria. Il a agi à titre de secrétaire parlementaire du ministre des Pêches et des Forêts et, plus tard, a été secrétaire parlementaire du ministre de l'Environnement. Il était tenu en haute estime non seulement par les gens de sa circonscription, qui ont renouvelé son mandat de député à plusieurs reprises, mais également par ses collègues de la Chambre des communes, qui l'avaient choisi comme vice-président.

Quand le sénateur Corbin a été nommé au Sénat le 9 juillet 1984, il est arrivé avec une mine de connaissances et une solide expérience parlementaire, notamment en matière de procédure législative. Ces connaissances et cette expérience l'ont bien servi au Sénat et à titre de membre actif et apprécié du Comité permanent du Règlement, de la procédure et des droits du Parlement. Compte tenu de son expérience, il n'est pas étonnant que le sénateur Corbin ait également assumé la présidence du comité plénier dans les deux Chambres.

Pour mieux comprendre ce qui a mené mon ami à se lancer en politique, j'ai lu le premier discours qu'il a prononcé au Parlement, le 13 septembre 1968, à titre de motionnaire de l'Adresse en réponse au discours du Trône.

Je n'ai pas été surpris de trouver dans ce discours les valeurs fondamentales dont le sénateur Corbin a fait preuve au Sénat. Dans ce discours, il faisait état de sa détermination à représenter tant les francophones que les anglophones du Nouveau-Brunswick. Il n'a pas parlé seulement de la majorité francophone de sa circonscription, mais il a dit clairement qu'il représentait autant les anglophones et les deux bandes autochtones de Madawaska—Victoria.

Son engagement envers l'égalité de nos deux langues officielles a été le thème constant de sa carrière politique, notamment au Sénat, où il a présidé le Comité sénatorial permanent des langues officielles.

Le sénateur Corbin est un fier patriote. Dans son premier discours, qu'il a prononcé à l'autre endroit il y a plus de 30 ans, il a dit ce qui suit :

Monsieur l'Orateur, je suis avant tout un Canadien. [...] J'éprouve une très vive inquiétude au moment de siéger en cette enceinte avec des collègues qui veulent se consacrer à la croissance et à l'unité de notre pays.

Toutefois, l'inquiétude du sénateur Corbin ne s'arrêtait pas à notre frontière. Les sénateurs savent tous qu'il a joué un rôle de premier plan dans la rédaction du rapport du Comité des affaires étrangères sur l'Afrique. C'est lui qui a incité le comité à lancer son étude sur l'Afrique. Ses commentaires publics à propos de ce que ses collègues et lui ont vu pendant leurs séjours en Afrique donnent à réfléchir et nous rappellent à tous que nous, parlementaires canadiens, avons un devoir moral face aux souffrances terribles vécues dans d'autres pays.

Pendant plus de 40 ans, le sénateur Corbin a servi le Canada et les Canadiens. Je suis certain que sa femme, Yvette, ses enfants, Sylvie, Louise et Isabelle, et le reste de sa famille ont bien hâte de passer plus de temps avec lui lorsqu'il aura pris sa retraite.

Sénateur Corbin, je vous remercie, au nom de tous les sénateurs et de tous les Canadiens, pour les services exceptionnels que vous avez rendus à notre pays.


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