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Les anciens combattants des Premières nations

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Déclaration faite le 04 novembre 2009 par la sénatrice Lillian Eva Dyck

L'honorable Lillian Eva Dyck :

Honorables sénateurs, en cette Semaine des anciens combattants, et en prévision du jour du Souvenir le 11 novembre, j'aimerais souligner les sacrifices des soldats des Premières nations du Canada et les combats que leurs anciens combattants doivent encore livrer pour obtenir ce qui leur revient.

Souvent oubliés, les anciens combattants des Premières nations se sont enrôlés et ont combattu côte à côte avec les soldats non- autochtones durant les deux guerres mondiales ainsi que lors de la guerre de Corée. Il est généralement reconnu que les Autochtones sont les plus nombreux à s'être enrôlés volontairement, malgré le fait qu'ils étaient exemptés de la conscription.

Durant la Première Guerre mondiale, environ un homme autochtone valide sur trois s'est enrôlé. En tout, environ 12 000 Canadiens autochtones ont participé aux guerres mondiales et à la guerre de Corée. Sur le front intérieur, les collectivités des Premières nations ont acheté des obligations de la Victoire, ont fait des dons à la Croix-Rouge et travaillé dans les fabriques de munitions. Sur le front, les anciens combattants des Premières nations faisaient partie des unités militaires. Ils étaient traités en égaux avec respect et dignité en reconnaissance de leur extraordinaire sacrifice.

À leur retour au Canada, cependant, leur optimisme et leur espoir d'une vie meilleure se sont vite dissipés alors qu'ils ont pris conscience des réalités de l'administration gouvernementale, des préjugés et de la discrimination. Les anciens combattants autochtones étaient toujours traités comme des citoyens de seconde zone. On a dit aux anciens combattants des Premières nations de retourner dans leurs réserves et de s'adresser à leur agent des sauvages s'ils voulaient des prestations.

Les iniquités sont devenues chose courante; les anciens combattants des Premières nations n'avaient pas un accès égal aux renseignements sur les prestations et aux allocations pour personnes à charge et étaient grandement désavantagés dans l'application de la Loi sur les terres destinées aux anciens combattants. Le gouvernement avait promis 6 000 $ et une possibilité d'acheter des terres aux anciens combattants non autochtones, mais il n'a promis qu'un maximum de 2 320 $ aux anciens combattants autochtones qui, au demeurant, n'avaient d'autre choix que d'exploiter des terres agricoles sur les réserves, terres qu'ils ne posséderaient pas.

De plus, les anciens combattants des Premières nations ont eu beaucoup de difficulté à obtenir d'autres avantages, comme le crédit de rétablissement, les prestations de formation professionnelle ou les indemnités d'études. Pendant la guerre, il arrivait souvent que les agents des sauvages retiennent une partie des allocations pour personnes à charge destinées aux épouses des soldats autochtones parce qu'on estimait que les « femmes indiennes ne savaient pas comment dépenser l'argent correctement ».

Honorables sénateurs, depuis des années, les anciens combattants des Premières nations de notre pays mènent une lutte constante afin d'obtenir une juste indemnité pour leurs services ainsi que des excuses de la part du gouvernement du Canada. En 2002, le gouvernement du Canada semblait être enfin prêt à faire amende honorable pour toutes ces années de négligence. Dans son régime d'indemnisation des anciens combattants des Premières nations, le gouvernement a accordé un maximum de 20 000 $ chacun aux anciens combattants ou aux conjoints survivants. C'était bien loin de ce que les groupes des Premières nations et le ministère des Anciens Combattants lui-même estimaient être une juste indemnité, soit 120 000 $.

De nombreux anciens combattants ne voulaient pas accepter l'argent, mais craignaient de ne pas vivre assez longtemps pour attendre l'issue d'une action en justice ou de nouvelles négociations.

Honorables sénateurs, aujourd'hui, les anciens combattants survivants des Premières nations se sentent trahis et découragés du fait que le pays pour lequel ils ont risqué leur vie sur le champ de bataille tarde à reconnaître les graves injustices que ses politiques ont causées à une génération de courageux héros canadiens autochtones.

 

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