Déclaration faite le 01 mai 2007 par le sénateur Grant Mitchell
L'hon. Grant Mitchell:
Honorables sénateurs, partout dans le monde, le Canada a la réputation d'offrir une terre d'asile aux personnes qui fuient les persécutions et cherchent une vie meilleure. Nous pouvons tous être très fiers de cela.
Cependant, je m'inquiète du retard accumulé dans l'étude des dossiers. Les personnes qui ont soumis une demande de résidence permanente au Canada pour des raisons humanitaires ou de solidarité doivent attendre très longtemps avant d'obtenir une réponse des services d'immigration. Ce problème n'est pas seulement administratif : il affecte de nombreuses personnes de façon très concrète.
J'aimerais citer l'exemple d'une jeune femme qui a récemment contacté mon bureau. Elle est arrivée du Burundi au Canada en tant que réfugiée à l`âge de 12 ans. Maintenant adulte, elle a déposé une demande de résidence permanente. Le ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration lui a appris qu'elle devrait attendre entre 19 et 20 mois avant que sa demande ne soit étudiée, puisque les services d'immigration examinent actuellement les demandes présentées en 2005. Elle aimerait étudier à l'Université de l'Alberta, mais devrait payer les frais d'inscription pour étudiants étrangers, qu'elle ne peut s'offrir. Elle ne peut donc pas entreprendre ses études universitaires.
Je sais qu'il existe beaucoup d'autres exemples, encore plus frappants, de personnes qui ont dû mettre leur vie en suspens le temps nécessaire à l'étude de leur demande, c'est-à-dire trop longtemps. Je sais également que nos fonctionnaires travaillent sans relâche et font de leur mieux pour mener à bien les procédures de la façon la plus rapide et la plus soigneuse possible. Cependant, nous sommes à présent en avril 2007, et notre système n'en est qu'aux demandes déposées il y a deux ans.
Les demandeurs doivent littéralement vivre entre deux mondes en attendant une réponse. Les Canadiens aussi y perdent quand on les prive trop longtemps des apports des nouveaux résidents.
Le gouvernement canadien devrait étudier le temps qu'il faut en moyenne aux services d'immigration canadiens pour mener à bien l'étude d'une demande, en particulier les demandes faites pour des raisons humanitaires ou de solidarité. S'il le faut, il devrait engager des moyens supplémentaires pour que le Canada puisse préserver sa réputation internationale, jusqu'ici amplement méritée.