Déclaration faite le 03 décembre 2009 par la sénatrice Lillian Eva Dyck
L'honorable Lillian Eva Dyck :
Honorables sénateurs, au cours de la semaine du 8 novembre, j'ai visité la province de Guangdong, en Chine. J'étais invitée par M. Wu Ruicheng, le directeur du Bureau des affaires des Chinois d'outre-mer, à participer à la cérémonie d'ouverture du Festival international de la culture et du tourisme et du Congrès pour la promotion du tourisme dans le delta de la rivière des Perles. J'étais aussi invitée à participer à la cérémonie d'ouverture du musée des Chinois d'outre-mer à Guangzou.
Mon père, Quan Leen Yook, est né à Xichengli, un village du canton de Xian Gang, dans le district municipal de Kaiping , dans la province de Guangdong. Lorsque les autorités gouvernementales chinoises ont appris qu'une fille issue de la première génération des Chinois Wuyi était une scientifique, qu'elle avait été doyenne associée des études supérieures dans une université et qu'elle siégeait maintenant au Sénat du Canada, elles m'ont invitée à participer aux cérémonies d'ouverture à titre de dignitaire étranger, à les rencontrer et à visiter Xichengli.
Le gouvernement populaire de la province de Guangzhou encourage les Chinois nés à l'étranger à retrouver leurs origines en les invitant à visiter leurs foyers ancestraux. Pour le gouvernement de Guangdong, cela est une façon de promouvoir la culture de la région et de susciter des partenariats économiques dans des secteurs tels que le tourisme et les affaires.
Honorables sénateurs, les grandes villes que sont Guangdong, Kaiping et Jiangmen sont des villes modernes comme on en voit partout dans le monde. Dans mon ignorance, je croyais que les petits villages comme celui de Xichengli avaient été sacrifiés sur l'autel de la modernisation. Toutefois, j'ai appris que le gouvernement de Guangdong avait préservé ces villages historiques et qu'il avait ouvert des musées d'histoire de l'immigration relatant l'histoire des premiers Chinois Wuyi qui ont émigré dans des pays tels que le Canada à la fin des années 1800 et au début des années 1900.
Les premiers immigrants Wuyi, comme mon père, envoyaient de l'argent en Chine afin de subvenir aux besoins de leur famille ou de leurs parents. Bon nombre de ces expatriés ont ainsi pu construire des maisons dans leur pays natal. Certaines constructions, comme les tours-vigie de Kaiping, sont des structures élaborées que les Nations Unies ont désignées comme appartenant au patrimoine mondial.
Honorables sénateurs, le plus grand souhait de mon père a toujours été de faire venir son fils aîné au Canada. À cause d'une loi interdisant à sa famille chinoise d'immigrer au Canada, une loi qui a été en vigueur au Canada jusqu'en 1948, il n'a pas pu réaliser son rêve. Toutefois, nous avons pu ramener une partie de Xichengli sur sa tombe, à Swift Current.
À titre de sénateur canadienne, j'ai été capable d'honorer son pays natal et de rencontrer de nombreux représentants du gouvernement et villageois. J'espère sincèrement que mon travail au Sénat contribuera à créer des liens plus étroits entre nos deux pays.