Déclaration faite le 08 décembre 2009 par la sénateure Lucie Pépin (retraité)
L'honorable Lucie Pépin :
Honorables sénateurs, la commémoration du 20e anniversaire du massacre de l'École Polytechnique a eu lieu dimanche dernier. Durant cette journée, le registre des armes à feu adopté en réaction à cette tragédie a beaucoup retenu l'attention au Québec. Je voudrais partager avec vous les inquiétudes de plusieurs Québécois et Québécoises à ce sujet.
Il n'y a pas de solution miracle au problème complexe de la violence dans nos sociétés. Nous savons cependant que, pour enrayer ce terrible fléau, il faut être constants dans nos efforts.
Ces 20 dernières années, les gouvernements ont élaboré des politiques et entrepris des actions pour éliminer la violence faite aux femmes. C'est dans ce contexte que le registre des armes à feu a été implanté. Les familles de victimes de la tuerie de Polytechnique voient d'ailleurs ce registre comme « un monument à la mémoire des jeunes femmes qui ont été tuées » par Marc Lépine. Pour plusieurs, ce registre est porteur de progrès.
Profitant de la Journée de commémoration de dimanche, le Service de police de la Ville de Montréal a demandé le maintien en vigueur de tous les éléments du registre. Une majorité d'associations policières veulent déjà la même chose. Pour les policiers, le contrôle des armes à feu fait partie de toute stratégie intégrée pour lutter efficacement contre les crimes violents. Cette vision est partagée par un grand nombre de Québécois et de Québécoises.
Plusieurs ne comprennent pas que le Parlement veuille diminuer considérablement la portée du registre et fragiliser cet outil que les policiers eux-mêmes considèrent comme important pour leur travail. Ces citoyens et citoyennes doutent tout simplement de la pertinence de lever l'obligation d'enregistrer des fusils et de supprimer les huit millions d'enregistrement d'armes déjà contenus dans le registre. Certains considèrent ces modifications comme une gifle à la mémoire des victimes de l'École Polytechnique, ainsi que de toutes les autres victimes d'armes à feu.
Il est, en effet, illogique de remettre en cause quelque chose qui a grandement contribué à diminuer le nombre de victimes par balle au Canada. Ce registre a certes connu des problèmes d'administration. Il est toutefois possible de l'améliorer pour accommoder les fermiers et autres chasseurs, sans pour autant le rendre dysfonctionnel. L'essentiel est d'avoir un registre efficace pour essayer d'éviter d'autres tragédies comme celle de l'École Polytechnique.
Voilà en quelques mots l'appel qu'une grande majorité de Québécoises et de Québécois ont adressé dimanche dernier aux parlementaires que nous sommes. J'espère qu'il sera entendu.