Déclaration faite le 15 décembre 2009 par le sénateur Art Eggleton
L'honorable Art Eggleton :
Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd'hui pour faire une déclaration sur la réponse du gouvernement au rapport du Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie, intitulé Éducation et garde des jeunes enfants : prochaines étapes, adopté par le Sénat le 22 juin 2009.
Honorables sénateurs, je suis déçu que le gouvernement n'ait pas mis en œuvre les recommandations formulées dans notre rapport. Il n'a pas voulu nommer de ministre d'État à l'Enfance et à la Jeunesse, même si nous avons une ministre d'État aux Aînés. Cela aurait pourtant fait clairement voir que le Canada comprend l'importance des jeunes pour son avenir.
Il ne veut pas créer de conseil consultatif national permanent sur l'enfance qui ferait appel aux plus grands esprits de partout au pays pour réfléchir aux meilleurs moyens de soutenir parents et enfants.
Le processus de consultation dont il est question dans sa lettre remonte à plus de deux ans, et de nombreux intervenants du monde de l'éducation et de la garde des jeunes enfants me disent qu'il ne se fait plus de consultation.
Le gouvernement ne veut pas élaborer, en collaboration avec les provinces et les territoires, un cadre pancanadien qui reconnaîtrait et respecterait le fait que le leadership tant fédéral que provincial et territorial est indispensable au développement de l'éducation préscolaire. Au lieu de cela, il se contente des programmes disparates qui sont actuellement offerts dans les diverses provinces.
Au lieu de se faire le champion de la famille du XXIe siècle, le gouvernement a essentiellement abdiqué son rôle en cette matière, préférant s'en remettre aux autres. Cela est d'autant plus décevant que le leadership national est d'une importance capitale en ce moment. Aujourd'hui plus que jamais, nos enfants doivent acquérir les connaissances et les compétences nécessaires pour être en mesure de faire face aux nombreux défis à relever à l'école, dans la société et sur le marché du travail.
De plus, comme on le souligne dans notre rapport, la recherche scientifique démontre on ne peut plus clairement que la petite enfance a une incidence déterminante sur le développement en jetant les bases de la confiance et du développement des habiletés dont les enfants ont besoin pour atteindre un niveau élevé de littératie et pour savoir manier les chiffres plus tard dans leur vie.
Honorables sénateurs, d'après la réponse du gouvernement, je ne saurais dire si le gouvernement comprend que l'apprentissage des jeunes enfants ne se limite pas au transfert de la responsabilité de garde d'un parent à une autre personne. En investissant dans nos enfants et en créant un système qui permettra à tous les enfants de réussir, nous façonnons notre avenir.
Dans sa réponse, le gouvernement demeure muet en ce qui concerne les secteurs pour lesquels il a une responsabilité directe, par exemple les enfants autochtones. Malheureusement, le bilan est toujours aussi décourageant dans ce secteur. Les troubles de comportement, les déficiences cognitives et le retard dans l'apprentissage de la langue sont plus fréquents au sein des collectivités autochtones que dans les autres collectivités au Canada. On pourrait améliorer la situation en offrant une éducation préscolaire et des services de garde de qualité.
Honorables sénateurs, je termine en reprenant les paroles que l'honorable Margaret McCain a prononcées devant le comité : « Le meilleur investissement que le Canada puisse effectuer pour la justice sociale et le développement optimal des enfants est de les amener à prendre un bon départ en mettant sur pied un système de développement du jeune enfant de qualité, fondé sur l'expérience clinique. »