Déclaration faite le 31 mars 2010 par la sénatrice Maria Chaput
L'honorable Maria Chaput :
Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd'hui en tant que sénateur franco-manitobaine et membre de la francophonie de l'Ouest du Canada.
S'il est vrai que le château fort de la francophonie canadienne est situé au Québec, il y a aussi des remparts qui se trouvent dans toutes les provinces et dans les territoires du Canada.
J'aimerais vous donner un bref aperçu de la francophonie dans l'Ouest canadien. Depuis près de deux siècles, le français occupe une place privilégiée au Manitoba. Les francophones se sont dotés d'un ensemble très complet d'organismes communautaires et de services en français.
La culture francophone et la langue française résonnent en Saskatchewan depuis plus d'un siècle et évoluent au rythme de sa diversité et de ses nombreux partenariats.
La francophonie albertaine jouit d'un essor plus que remarquable et est souvent citée en exemple. En Colombie-Britannique, les inscriptions au conseil scolaire francophone et aux programmes d'immersion en français ont augmenté de façon spectaculaire. Au Yukon, les francophones font preuve d'un dynamisme contagieux. Les francophones des Territoires du Nord-Ouest ont tissé de nombreux liens sociaux, communautaires et économiques. Au Nunavut, les francophones ont établi des racines dès les premières explorations dans l'Arctique. Ils vivent en harmonie avec trois cultures et trois langues.
La volonté de cette francophonie de l'Ouest de s'affirmer est toujours présente. C'est dans les dossiers des langues officielles, des écoles et de la radio française, entre autres, que les luttes ont été les plus farouches. Ces acquis, la francophonie de l'Ouest tient à les préserver et elle n'est pas prête à mourir.
Notre langue est une langue officielle. Elle a un statut égal, des droits égaux et des privilèges égaux garantis par la Constitution. Nous avons une Loi sur les langues officielles, une loi si importante que la Cour suprême du Canada nous a dit qu'elle n'était pas une loi ordinaire, mais plutôt une loi quasi constitutionnelle. Ce qu'elle doit « protéger » est d'une grande importance.
Aujourd'hui, en 2010, la francophonie de l'Ouest se démarque par sa volonté accrue de s'affirmer en français et la croissance impressionnante et continue de ses institutions.
Honorables sénateurs, nous, les francophones de l'Ouest du Canada, ne sommes pas du folklore; nous sommes un peuple vivant et fier de notre vitalité.