Déclaration faite le 26 mai 2010 par la sénatrice Jane Cordy
L'honorable Jane Cordy :
Honorables sénateurs, le mardi 1er juin, nous soulignerons la Journée contre la faim. Cette journée fait partie d'un mouvement grandissant qui vise à sensibiliser la population au problème de la faim au Canada, un problème qui pourrait être réglé. Ce problème ne devrait plus exister dans un pays comme le nôtre qui dispose de tant de ressources. D'un bout à l'autre du pays, les banques alimentaires organisent des activités à l'occasion de la Journée contre la faim afin de mieux faire connaître leur travail et la réalité des Canadiens qui comptent sur les banques alimentaires pour vivre.
Le problème de la faim existe au Canada car il demeure des situations de pauvreté persistante. Depuis plus d'une décennie, divers facteurs liés entre eux ont maintenu cette situation, à savoir un marché du travail qui ne réussit pas à proposer assez d'emplois stables au revenu suffisant, une augmentation des emplois précaires et hors normes, et un régime de sécurité du revenu qui n'offre pas un soutien financier suffisant aux personnes démunies. Il manque de logements sociaux abordables et sûrs, et de services de garde d'enfants accessibles et bon marché. Les gens qui vivent dans la pauvreté doivent se rabattre sur les banques alimentaires pour répondre à un besoin absolument essentiel, soit celui de manger.
Depuis un an et demi, le Canada se débat pour faire face à la récession. Pour cette raison, en 2009, les banques alimentaires canadiennes ont constaté la plus grande augmentation annuelle du nombre d'usagers jamais vue. En 2009, près de 800 000 personnes ont obtenu chaque mois l'aide d'une banque alimentaire canadienne. Ce nombre représente une augmentation de 18 p. 100 par rapport à 2008. En mars 2009, 72 000 personnes ont franchi les portes d'une banque d'alimentation pour la première fois de leur vie.
En Nouvelle-Écosse, Feed Nova Scotia est le centre provincial de collecte et de distribution des aliments pour environ 150 banques alimentaires et pour les programmes de préparation de repas de toute la province. Le centre sert au moins 38 000 Néo-Écossais chaque mois. Feed Nova Scotia se consacre également à la recherche de solutions à long terme à la pauvreté et à la faim chronique qui réduiraient la nécessité d'avoir des banques d'alimentation. Nous savons que les banques d'alimentation sont censées être des mesures temporaires et il est malheureux que nous assistions à une augmentation marquée de leur clientèle.
Le 1er juin, les banques d'alimentation de tout le Canada tiendront des événements, dont des journées portes ouvertes et des activités locales, pour faire connaître le travail important qu'elles accomplissent pour atténuer la faim. Les banques d'alimentation encourageront les Canadiens à prendre des mesures pour soutenir les personnes démunies de leur collectivité. Beaucoup trop de Canadiens se voient dans la situation difficile d'avoir à se demander comment ils vont nourrir leur famille et ils doivent donc compter sur les banques d'alimentation pour cela.
Dans ma province, Feed Nova Scotia attirera l'attention sur l'existence réelle de la faim en formant une file de la faim dans différentes régions de la province. Les participants porteront des bannières où on pourra lire : « La faim existe dans notre collectivité et nous voulons aider ». Pendant 15 minutes, les gens proclameront à l'unisson que la faim et la pauvreté sont des problèmes graves et qu'ils souhaitent que cela change.
J'invite tous les sénateurs à participer au mouvement visant à mettre fin à la faim et à la pauvreté au Canada. L'excellent rapport du Sénat intitulé Pauvreté, Logement, Itinérance : Les trois fronts de la lutte contre l'exclusion, qui a été déposé par le Comité permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie, contient des recommandations visant à éliminer la pauvreté au Canada. La mise en œuvre de ces recommandations constituerait un très bon premier pas.