Déclaration faite le 09 juin 2010 par la sénateure Lucie Pépin (retraité)
L'honorable Lucie Pépin :
Honorables sénateurs, le 12 mai dernier, l'Agence consultative en éthique de coopération internationale a réuni à Ottawa des parlementaires, des ambassadeurs, des diplomates de pays africains, des ONG canadiennes et des universitaires. Les sénateurs Jaffer et Chaput ont également pris part à cette réunion.
Cette rencontre nous a permis d'échanger sur le rôle du Canada dans le but d'atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement. Ce dialogue est d'actualité puisque le sommet du G8 sera l'occasion d'évaluer les efforts déployés pour réaliser les huit objectifs des Nations Unies pour le développement, d'ici 2015.
Des progrès notables ont été constatés à l'égard de certains de ces objectifs qui visent à combattre la pauvreté, la faim et la maladie.
Le nombre de nouvelles infections au VIH a diminué et l'accès aux traitements s'est élargi.
Les cas de tuberculose diminuent progressivement, le paludisme fait moins de victimes grâce à l'utilisation de moustiquaires imprégnées. Les efforts de scolarisation ont déjà donné certains résultats.
L'initiative du Canada sur la santé maternelle néonatale et infantile va contribuer à sauver encore plus de vies.
Ces progrès et d'autres avancées ne sont toutefois pas les mêmes pour tous les pays. Si les tendances actuelles se maintiennent, plusieurs pays n'atteindront pas la plupart des objectifs du Millénaire.
Des efforts additionnels seront nécessaires, mais il ne suffit pas de mettre encore des millions de dollars sur la table. Il faut surtout encourager les pays du Sud qui sont à la traîne à prendre des mesures rigoureuses et contraignantes pour lutter efficacement contre la pauvreté dans toutes ses dimensions. Nous savons, à cet effet, que les pays du Sud qui ont fait des progrès sont ceux qui se sont dotés de stratégies cohérentes de développement.
Les objectifs du Millénaire regroupent la plupart des cibles fixées lors des sommets mondiaux tenus au cours des dernières décennies. Ces huit objectifs constituent un cadre sérieux dans le but de mettre fin à l'ère des beaux discours et des bonnes intentions sur le développement. Tout est réuni pour agir efficacement.
Le Canada, par le biais de l'ACDI, a certes déjà fait beaucoup.
Je suis convaincue que notre pays peut prendre la direction d'une action simultanée pour sortir le monde du piège de l'extrême dénuement, de la faim et de la maladie, qui constituent les grands défis de notre temps.
Notre pays doit jouer pleinement son rôle de leader, non seulement lors du sommet du G8, mais aussi en septembre 2010, lors de la revue des Nations Unies sur les objectifs du Millénaire. Cette rencontre de New York donne l'occasion au Canada d'inviter les pays riches comme ceux en développement à renforcer leur élan collectif pour atteindre l'échéance de 2015.
C'est le sort de milliards d'individus qui en dépend, et je suis là- dessus tout à fait du même avis que le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon :
Si nous échouons dans notre promesse de la Déclaration du millénaire, l'instabilité, les violences, les épidémies et la dégradation de l'environnement augmenteront.