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Larry Campbell

L L'un des plus célèbres citoyens de Vancouver, le sénateur Larry W. Campbell a servi comme maire de 2002-2005 après une brillante carrière principalement dans l'application de la loi et comme coroner en chef de la Colombie-Britannique. Depuis le 2 août 2005, il a représenté la Colombie-Britannique au Sénat.

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Le Comité Sénatorial Permanent de l’Agriculture et des Forest bilan des travaux de 2007-2008

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Publié par le sénatrice Joyce Faibairn le 26 mai 2008

Au printemps de 2006, le Comité sénatorial permanent de l’agriculture et des forêts, que j’ai l’honneur de présider, a été autorisé à étudier, en vue d’en faire rapport, la pauvreté rurale et le déclin des régions rurales.  Après plus de deux ans durant lesquels nous avons entendu au-delà de 330 témoins, rendu visite à plus de 20 petites villes dans toutes les provinces et tous les territoires et reçu d’innombrables mémoires, je suis heureuse de pouvoir dire que nous mettons enfin la touche finale à notre rapport qui devrait, sauf imprévu, être publié en juin 2008.

La route a été longue, mais il était grand temps de la faire.  À la connaissance du Comité, aucun autre comité parlementaire fédéral n’a consacré un rapport exclusivement à la pauvreté rurale, bien que la question ait été abordée dans des études plus générales de la pauvreté comme dans le rapport de 1971 du Comité spécial du Sénat sur la pauvreté intitulé La pauvreté au Canada.

Ce sont la persistance des faibles revenus agricoles et les répercussions de cette tendance sur les régions rurales qui ont amené le Comité à s’intéresser à la pauvreté rurale.  Depuis le début de notre étude, les prix des céréales ont augmenté, tout comme ceux du carburant, des engrais et des autres intrants agricoles (d’ailleurs, le Comité tient actuellement des audiences sur la hausse des prix des intrants agricoles).  Par ailleurs, les prix du porc et du bœuf se sont effondrés, ce qui a suscité une crise financière dans les secteurs concernés, question qui fait l’objet du rapport L’élevage du bétail en crise publié par le Comité en décembre 2007.  Dans ce rapport, le Comité a recommandé que le gouvernement fédéral intervienne pour remédier aux graves problèmes de liquidités des éleveurs de bétail.  Cela dit, il importe de bien se rendre compte que la pauvreté rurale va bien au-delà de la pauvreté des agriculteurs.  En fait, comme l’ont fait valoir de nombreux témoins, politiques agricoles et politiques rurales ne sont pas nécessairement synonymes.

Nous nous sommes vite rendu compte de l’énormité de la tâche qui nous attendait et nous avons fait appel à des universitaires, des fonctionnaires et des organisations communautaires pour nous aider à régler d’épineux problèmes de définition et à définir les thèmes entourant la pauvreté rurale et le déclin des régions rurales.  Leur témoignage est à la base du rapport intérimaire du Comité intitulé Comprendre l’exode : lutte contre la pauvreté rurale paru en décembre 2006.  Le rapport intérimaire ne contenait pas de recommandations, mais a servi de point de départ à des discussions et des consultations, en particulier lors des visites du Comité dans les collectivités rurales. 

Quand on étudie la pauvreté rurale, il est absolument essentiel de se dégager des concepts théoriques et d’aller rencontrer les habitants des régions rurales en personne pour connaître leurs préoccupations et se faire une idée de leur situation.  Pour le Comité, il était important aussi de se rendre dans toutes les provinces et tous les territoires.  On pourrait dire en fait que, pour concevoir de bonnes politiques pour les régions rurales, il faut savoir écouter et prendre conscience des disparités considérables qui existent entre les différentes régions du Canada rural.

Le Comité a ainsi appris que les groupes les plus vulnérables sont les personnes âgées, les parents seuls et les personnes handicapées, car en région rurale, les bureaux des services de santé et des services sociaux sont souvent loin et le transport en commun est pratiquement inexistant.  En outre, les auteurs d’une étude récente de l’Institut canadien d’information sur la santé ont conclu que, en raison de divers facteurs socio-économiques, l’espérance de vie des habitants des régions rurales est moindre que celle des habitants des agglomérations urbaines.  

Les résultats du dernier recensement (2006) montrent que la part de la population rurale dans l’ensemble de la population canadienne est tombée sous la barre des 20 p. 100 pour la première fois dans l’histoire de notre pays.  Ce constat s’inscrit dans la longue tendance à la baisse de la population rurale, laquelle vient exacerber le problème de pauvreté.  Par ailleurs, un important segment de la population active approche de l’âge de la retraite.  Si rien n’est fait, de nombreuses collectivités rurales pourraient donc subir une baisse rapide de la population en âge de travailler.  Les conséquences de ce phénomène seront d’autant plus graves que ces collectivités ont déjà une faible population.

Il s’ensuit un cercle vicieux dans les collectivités éloignées, souvent dépendantes des ressources : faute d’une masse critique suffisante, les investissements dans les services publics, l’infrastructure et l’entreprise stagnent, les emplois manquent, d’où migration des jeunes et nouvelle baisse de la population, et ainsi de suite.

Le rapport du Comité proposera des mesures propres à stopper et à renverser le déclin des régions rurales.  Je n’ai pas la naïveté de croire que nous pouvons sauver toutes les collectivités rurales, mais je suis persuadée que le gouvernement peut faire quelque chose et que l’on peut compter sur l’initiative de la population pour revitaliser les régions rurales.  Bref, le gouvernement fédéral doit soutenir et faciliter l’action, mais il doit se garder d’en dicter les détails.  À tout le moins, il doit s’intéresser davantage au sort des collectivités rurales, car notre avenir en dépend – une saine économie rurale est essentielle à un pays fort.  Avec chaque collectivité rurale qui s’éteint, nous perdons un peu de nous-mêmes, de notre patrimoine, de notre avenir et la possibilité d’un mode de vie différent.

Joyce Fairbairn
Présidente du Comité sénatorial permanent de l’agriculture et des forêts

  

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