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Le programme fédéral doit mettre l’accent sur l’alphabétisation

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Publié par la sénatrice Catherine Callbeck le 28 janvier 2010

Imaginez ne pas être capable de lire ce journal, ne pas pouvoir remplir une demande d’emploi, ne pas comprendre les indications sur un médicament et ne pas être capable de lire une histoire à vos enfants avant qu’ils s’endorment.

Cette situation est une réalité pour plus de 40 % des Canadiens âgés de 16 à 65 ans, qui ne peuvent lire que de l’information simple et présentée clairement. Selon l’Enquête internationale sur les compétences en lecture de 2005, quatre Canadiens sur dix éprouvent de la difficulté à lire dans leurs tâches courantes. En tout et pour tout, environ neuf millions de Canadiens ne possèdent pas les compétences de base nécessaires pour s’adapter à l’évolution rapide de notre économie axée sur la connaissance.

La Journée de l’alphabétisation familiale, tenue chaque année le 27 janvier, permet de sensibiliser les gens à l’importance des capacités de lecture et d’écriture et d’encourager les parents à faire de la lecture une habitude familiale. La lecture est un excellent moyen pour les parents d’améliorer leurs habiletés tout en passant des moments privilégiés avec leurs enfants.

Les enfants en sortent aussi gagnants. Des études ont montré que les enfants à qui on lit plus d’une fois par jour auront de meilleurs résultats à l’école. Ceux qui découvrent la lecture en bas âge auront plus de facilité en mathématiques. La lecture donne aux enfants les outils nécessaires pour réussir à l’école et dans la vie et éveille, peut-être pour toujours, leur goût d’apprendre.

À mon avis, l’un des grands objectifs de société à viser devrait être l’amélioration des compétences de lecture et d’écriture de tous les citoyens. Les avantages abonderaient : les Canadiens auraient une meilleure qualité de vie, prendraient une part active à la vie communautaire et seraient plus productifs au travail.

Des études ont montré que les personnes défavorisées en lecture et en écriture risquent de connaître un faible taux d’emploi et d’occuper des postes nécessitant peu de compétences spécialisées. Leurs emplois, généralement de courte durée, leur offrent une rémunération inférieure à la moyenne. Elles se retrouvent au chômage fréquemment et pour de longues périodes.

Heureusement, en améliorant leurs compétences de lecture et d’écriture, ces personnes peuvent du coup augmenter leurs chances de décrocher de meilleurs emplois. Elles obtiennent de meilleurs salaires et travaillent plus longtemps. Elles sont mieux en mesure de comprendre le sens d’une information sur la santé et de suivre des instructions médicales. De plus, l’amélioration des compétences de lecture et d’écriture renforce la confiance en soi, et encourage la participation à la vie communautaire et au bénévolat.

Le faible taux d’alphabétisation a également des répercussions sur l’économie du Canada. La perte de productivité coûte aux industries environ 2,5 milliards de dollars par année. Une augmentation de 1 % du taux d’alphabétisation pourrait faire grimper le revenu national de 32 milliards de dollars!

Certains groupes et organismes réalisent déjà des progrès : ils offrent, à l’Île-du-Prince-Édouard et ailleurs au Canada, d’excellents programmes et services pour venir en aide à leurs concitoyens.

Je compte proposer, à la reprise des travaux du Sénat en mars, la tenue d’une enquête sur les lacunes de lecture et d’écriture dans la population et sur les solutions possibles.

J’espère que ma proposition sensibilisera les gens à cette problématique et qu’elle encouragera les parlementaires à prendre la parole pour convaincre le gouvernement fédéral d’y porter son attention. Le programme fédéral doit mettre davantage l’accent sur l’alphabétisation.

La sénatrice libérale Catherine Callbeck représente l’Île-du-Prince-Édouard et milite depuis longtemps pour les programmes et les services d’alphabétisation.

 

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