Publié le 23 novembre 2011
Ottawa (le 23 novembre 2011) – L’exploitation sexuelle des enfants est une réalité profondément ancrée dans trop de foyers, de familles et de collectivités canadiennes affirme un rapport présenté par le Comité sénatorial permanent des droits de la personne. Intitulé L’exploitation sexuelle des enfants au Canada : une action nationale s’impose, le rapport déposé aujourd’hui au Sénat exhorte le gouvernement du Canada à établir une stratégie nationale pour s’assurer que des services adéquats et uniformes sont offerts aux enfants, pour éviter qu’ils soient victimes d’abus, les aider à se dérober ou à guérir des ravages d’abus sexuels.
« L’exploitation sexuelle des enfants est sans doute l’activité criminelle la plus répugnante qui soit, et le Canada est loin d’être à l’abri d’une telle calamité, affirme la sénatrice Mobina Jaffer, présidente du comité. Notre comité a constaté qu’actuellement au pays, peu de gens comprennent l’ampleur du problème. Il s’agit d’un enjeu national dont il faut s’occuper et les Canadiens devraient être davantage sensibilisés au fait que cette situation aberrante pèse lourd sur nos enfants et nos collectivités. »
Le comité estime que le gouvernement du Canada doit faire davantage pour redresser la situation en accordant un financement approprié, en créant des bases de données pertinentes et en faisant de la recherche pour mettre sur pied des programmes et des services plus efficaces et plus efficients. Le comité a également constaté que les filles sont plus à risque que les garçons et que les solutions proposées doivent tenir compte de cette réalité.
Dans certains cas, les programmes et services requis pour régler les problèmes doivent être axés sur des solutions locales et être mis en œuvre par des personnes dans la collectivité, qui disposent des ressources nécessaires pour régler le problème. C’est particulièrement vrai pour les collectivités des Premières nations, inuits et métis. « Le comité a appris que nulle part ailleurs, l’exploitation sexuelle est plus omniprésente que parmi les enfants et les jeunes Autochtones. Dans certains coins du pays, les jeunes Autochtones forment la majorité des jeunes à être exploitées sexuellement. Cette situation est particulièrement troublante quand on pense que les Autochtones forment seulement 5 % de la population canadienne, précise le sénateur Patrick Brazeau, vice-président du comité. La pauvreté, la toxicomanie, l’itinérance, la violence familiale et le racisme sont autant de facteurs qui rendent encore plus pressante l’urgence de trouver des solutions réelles sur le terrain. »
Un élément essentiel de toute mesure d’intervention pour lutter contre l’exploitation est d’écouter les victimes. Les programmes et les politiques doivent absolument répondre aux besoins des enfants et protéger leurs intérêts, notamment en santé publique et en justice criminelle. Avec l’aide d’un poste indépendant et pancanadien de Commissaire aux enfants pour surveiller et évaluer le leadership du gouvernement dans ce secteur, et pour défendre les besoins des enfants, nous pouvons veiller à ce qu’ils soient mieux protégés contre l’exploitation sexuelle et à ce que la confiance qu’ils nous portent en tant que société ne soit pas trahie.
Pour en savoir davantage sur les travaux du comité et pour consulter les rapports déposés préalablement, consulter : http://senate-senat.ca/ridr-f.asp
Pour plus d’information, s’adresser à :
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